Le doux parfum des temps à venir, le coup d'oeil critique de Mireille Davidovici

Cie KA-THÉÂTRE - Mise en scène Christine Matos / Avec Marie-Audrey Simoneau, Laure Donnat - À 18h54 à la Maison de la Poésie du 17 au 28 juillet 2019 - Avignon

> Le coup d’œil critique de Mireille Davidovici – Émission Grand Large le 19 juillet 2019

Mireille Davidovici est journaliste au Théâtre du blog.

Retranscription

« C’est Le doux parfum des jours [sic] à venir, qui se passe à la Maison de la Poésie à Avignon, et c’est un spectacle poétique qui a sa place dans cette Maison de la Poésie, qui est un endroit un peu secret, dans des petites ruelles. Voilà, c’est un spectacle ouvert, et qui fait beaucoup de bien parmi les autres spectacles qu’on voit ici, à Avignon, qui sont quand même assez durs, et assez… là c’est un spectacle très poétique, qui met du baume au cœur, alors quand même qu’il évoque des choses très dures quand même, mais avec une certaine douceur et surtout avec beaucoup de poésie.

Le texte est de Lyonnel Trouillot ; c’est un texte qui est publié aux éditions Actes Sud ; et, avec la métaphore du parfum, il parle aussi bien du parfum de la haine, que du parfum de l’espoir. Donc c’est une femme qui va mourir, ça se passe toute la nuit jusqu’à l’aube, elle mourra à l’aube, et elle raconte à sa fille ce qu’il en est de la vérité, parce qu’elle a bercé sa fille de légendes pour lui rendre la vie belle et un avenir souriant, alors qu’elle, elle a enduré énormément de choses, mais elle lui a raconté des tas de choses, elle a enrobé ça : une vie formidable, avec des amants très riches, des princes d’Arabie… Elle lui a inventé une vie qui est totalement fausse.

Donc, cette dernière nuit sera consacrée à dévoiler la vérité. Mais elle fait ça avec une grande douceur, et ce qui est très beau dans le spectacle, c’est que ça se partage entre une comédienne et une chanteuse, et elles sont absolument équivalentes. À un moment donné, la mère dit « j’ai accouché deux fois : une fois j’ai accouché de toi, et la deuxième fois en te racontant toutes ces histoires, j’ai accouché aussi de moi, donc je suis comme double ». Et la metteuse en scène a eu l’idée, la belle idée, de dédoubler le personnage avec une chanteuse. Donc on a des chants en créole (parce que Lyonnel Trouillot est un grand auteur de Haïti), on a des chants, comme ça, des Antilles, et aussi pas mal de musique, et au niveau de la décoration, ils ont essayé de féminiser complètement cette décoration, en même temps avec des tissus, des voiles, mais aussi avec le personnage d’erzulie, qui est un personnage du vaudou, qui est la femme, la femme à double tranchant (la bonne mère et la mauvaise femme, qui sont deux erzulies, mais qui peuvent aussi… enfin c’est un personnage binaire en fait, ambivalent). Donc il y a des sculptures, c’est très délicat, tout est très délicat.

C’est une histoire de haine, de violence, qui est enrobée de parfum, et c’est très… très léger, et en même temps ça parle de tout ce qui s’est passé à Haïti, des révolutions ratées, aux tremblements de terre, aux ouragans, aux cyclones,… Et cette façon de parler avec douceur des drames, ça change un peu de ce qu’on voit, en ce moment, sur les scènes d’Avignon […]. »

Écoutez l’audio pour connaître la suite !

Critique de Le doux parfum des temps à venir

Mireille Davidovici

 

⇒ Retrouvez Mireille Davidovici en podcast sur notre site (émission Grand Large du 19 juillet 2019)

 

Le doux parfum des temps à venir © Lezarnumerik Le doux parfum des temps à venir © Lezarnumerik

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