Emission spéciale TOMA, Christiane Taubira, Marie-Pierre Bousquet et Greg Germain

Propos de Christiane Taubira, Marie-Pierre Bousquet et Greg Germain recueillis par Benoît Artaud à l'occasion de l'émission Grand Large spéciale TOMA du 16 juillet 2021.

Christiane Taubira :

 "J’espère être une balise des artistes d’Outre-Mer présents ici. Je suis d’une autre génération que les comédiennes présentes ici, le rêve qu’on peut avoir c’est d’être dans un repère pour les générations suivantes. Cette génération est extrêmement chaleureuse à mon endroit, j’y suis extrêmement sensible. Je vois bien le potentiel de cette génération, la combativité, la lucidité, la volonté, l’ardeur de ces jeunes femmes et jeunes hommes. Cela nourrit mon optimisme. Ces jeunes-là, quand ils viennent me voir, m’apportent un cadeau qu’elles et ils n’imaginent pas m’offrir.

Je connais ce lieu depuis pratiquement ses débuts. Greg Germain et Marie-Pierre Bousquet m’en ont très vite parlé. Ils ont eu une intuition extraordinaire, mais ça ne doit pas dissimuler le courage et la pugnacité qu’il a fallu, la ténacité et la confiance dans leur projet et leur capacité. Enfin, cette obstination à vouloir créer un lieu des Outre-Mer à Avignon. L’idée parait extravagante tellement si on la regarde rétrospectivement on peut considérer qu’à l’époque elle semblait inaccessible.

L’essentiel c’est le travail de terrain que Marie Pierre et Greg ont fait, un travail inspiré par cette confiance en leur capacité à implanter durablement un lieu de rendez-vous pour le théâtre des Outre-Mer ici à Avignon."

  

Greg Germain :

 "La chapelle du Verbe Incarné répond aussi à la question de la relation entre toutes les populations de notre pays. Les populations de notre pays ne se connaissent pas. La chapelle du Verbe Incarné culturellement répond à cette relation entre les populations de notre pays. En allant plus loin, les œuvres et les imaginaires qui traversent la chapelle et les femmes et les hommes qui les incarnent répondent aussi à cette question de la relation entre les populations."

Marie-Pierre Bousquet :

"Les premières années, la programmation était comme un coup de poing, un cri et surtout une libération de gens qui ont été empêché de plateau pendant longtemps. Les premières programmations étaient ancrées sur des pièces extrêmement politiques, des discours sur le colonialisme. Aujourd’hui, les compagnies travaillent sur les enjeux de leurs territoires respectifs, des territoires multiples et fertiles. Ce sont des territoires avec des histoires complexes, multiples et extrêmement dispersées sur l’ensemble de la planète et qui pourtant appartiennent au grand ensemble France. Des régions qui amènent de grands romanciers, de grands philosophes et qui sont extrêmement présents dans la littérature mais malheureusement assez peu dans la dramaturgie. On peut se poser la question de savoir s’ils ont si peu écrit pour le plateau, c’est peut-être aussi parce qu’ils ont trop peu joué. La perspective d’avoir un plateau d’accueil suscite l’écriture et permet de développer l’écriture. Une pièce comme Comme l’Oiseau de Bérekia Yergeau est emblématique d’une évolution et de rencontres, tant la Guyane est une terre de rencontres. Il y a 24 ou 25 ans, on n’avait pas ce genre de proposition, et la perspective d’avoir un lieu d’accueil et de diffusion aide et stimule les créateurs."

Retrouvez ces propos et bien d'autres lors de l'émission Grand Large du 16 juiller 2021 ici. 

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