Dossier Lucian Pintilie (1/2) : anatomie d'un cinéma

Maître du grotesque, artiste enragé, metteur en scène visionnaire, Lucian Pintilie s’impose aujourd’hui comme un cinéaste brillant, étonnamment méconnu en France. La revue du Nouveau Samovar consacre cet automne un dossier spécial aux œuvres cinématographiques de cette figure majeure du cinéma roumain, disparue en 2018.

Lucian Pintilie Lucian Pintilie

Une voix s’élève : “Il n’est rien dans l’univers qui n’ait de cause” tandis qu’émerge dans la lumière un jeune prêtre fumant le haschich, avachi contre la paroi d’un train qui file à travers la campagne. Un regard malicieux hors-champ, le jeune prêtre tend sa cigarette,et la caméra suit l’objet passant de sa main à celle d’une jeune fille, qui la porte à ses lèvres : le mécanisme est enclenché. Et tandis que la voix poursuit sa démonstration sur l’effet papillon, le travelling découvre, dans le sens inverse du train, toute une population de provinciaux tantôt endormis, tantôt rêveurs, et ainsi se succèdent les compartiments à rebours du temps. Furtivement, on saisit le regard ébahi d’un enfant au spectateur. La caméra s’arrête sur le dernier compartiment du wagon où un vieil homme élégant fait la leçon à une jeune fille, cigarette au bout des lèvres, elle aussi. La voix et l’image se synchronisent, le vieil homme dessine un triangle sur la vitre embuée du train et s’engage dans la démonstration ultime, celle de l’existence de Dieu. On retient son souffle. 

Confessions

Les films de Pintilie sont parcourus de train en tout sens, à l’image de cette scène d’ouverture de l’Après-midi d’un tortionnaire où le vieil homme verra sa démonstration s’achever à l’instant de l’arrivée en gare où au milieu du triangle translucide de l’énergie divine apparaîtra sur le quai, tenant un bouquet de fleurs à la main, la triste figure de son tortionnaire d’antan. Une image qui devient parodique par l’intervention du diable à la place de Dieu. Le mal s’est introduit. Plus tard, après un après-midi de confession, le tortionnaire en quête de repentance et le vieux supplicié se sépareront comme ils se sont retrouvés : bons amis. Au delà de l’étonnante mise en scène d’un peu conventionnelle complicité entre bourreaux et victimes, c’est l’impossibilité du pardon et de la repentance que Pintilie interroge dans l’un des rares films à avoir oser aborder la question tabou de la torture de front : par la suggestion de l’horreur à travers la confession d’une conscience qui se sait corrompue, et haï des siens pour avoir choisi de révéler des atrocités que l’on veut cacher. Symbole de la conscience roumaine que Pintilie ne cessera tout au long de ses films d’interroger en la soumettant à travers ses récits à toutes sortes d’obstacles, tantôt spectaculaires, tantôt diaboliques...

Lucian Pintile confessait, après avoir posé en 1968, avec La Reconstitution, la première pierre d’une œuvre qui s’annonçait d’une exigence et d’une singularité foudroyante, avoir le désir de réaliser une trentaine de films et de consacrer au cinéma toutes ses années à venir. Vingt ans plus tard, il n’a encore réalisé que trois films. Ce n’est qu’en 1992 que sort Le Chêne, second de ses chefs-d’œuvres du triptyque qu’il consacrera à la déliquescence de la société roumaine. Entre temps, vingt années d’exil, où il aura fallu attendre la chute du régime de Ceausescu, vingt années de censure. Une éternité. Comme lui, nous ne pouvons qu’en vouloir à l’absurdité du destin et des conjectures bureaucratiques de nous avoir privé de ces vingts « chef-d’œuvres virtuels », vingt pellicules brûlées sur l’autel de « l’homme nouveau » et à jamais confinés dans nos songes. Et pourtant, on ne peut que se réjouir car Pintilie nous a laissé une œuvre d’une richesse inouïe. 

Pintilie ne se pliera jamais aux exigences idéologiques de la Roumanie d’après-guerre, en s’adonnant à l’obscénité d’un réalisme socialiste qui avilirait son art et son libre-arbitre. Aucune puissance politique, religieuse, culturelle ou sociale ne parviendront à annihiler la radicalité et l’intransigeance de ce regard, ni à attiser la colère d’un homme marqué à vie par les désillusions. 

Exerçant sans entrave la liberté de son regard, Pintile va se consacrer tout au long de sa carrière à une toute autre forme « d’obscénité » : car ce serait une grave erreur de réduire la folie et la poésie de la mise en scène Pintiliesque à une échappée belle hors de la terreur et de la misère… Au contraire, que de brutalité, que de fulgurances, que de folie, que d’absurdité, que d’amertume !

Photogramme issu du Chêne (1992) © Lucian Pintilie Photogramme issu du Chêne (1992) © Lucian Pintilie

D’un chêne à l’autre

Pintilie, quels que soient les détours et les acrobaties, s’est en définitive toujours attaqué à des sujets essentiels. Si chaque film est ingénieusement structuré autour de grandes lignes directrices, interrogeant un aspect particulier de la vie des hommes et des sociétés, les thèmes s’entrecroisent indéfiniment en donnant une cohérence globale à la vision d’apparence cauchemardesque de leur auteur. En effet, Pintilie n’a eu de cesse d’aborder le « mal » de front, distillant selon ses obsessions, tel un alchimiste, une résine faites d’autant d’impuretés qu’il y a d’étoiles. C’est un travail que l’on peut penser en terme arboricole : chaque embranchement se détachant d’un tronc commun qui seul permet la cohérence et l’unité de chaque œuvre, c’est à ce titre une des symboliques privilégiée du maître roumain. Le Chêne en point central, comme arbre d’une fragile conciliation dans le film éponyme devenu symbole du crime dans L’après-midi d’un tortionnaire. Chez Pintilie, nous n’avons jamais affaire à des films à clés. L’énigme se déclinant sans cesse dans la multiplicité des formes et des cadres du récit, d’une mise en abyme à une autre, le regard se sauve toujours comme autant de bourgeonnements. Le génie du cinéaste se révélant dans sa capacité à nous emporter avec lui dans ses pérégrinations chaotiques. Et c’est sans doute là tout le paradoxe des arbres noueux, derrière  l’apparence d’un poussée autonome et désordonnée des branches, ces végétaux recèlent une harmonie profonde. Quelle pourrait être alors la sève du cinéma de Pintilie ? C’est l’objet de ce dossier qui s’attachera, en une analyse thématique, à développer et disséquer la matière cinématographique léguée. 

Naissance d’un sauvage

Les films de Pintilie sont des virées intemporelles dans un carnaval où toute notion de morale et de vérité sont perpétuellement remises en question. Loin – très loin – des anti-communismes américanisants de pacotille, à milles lieux de la naïveté des idéalismes qui débordent des siècles passés, Pintilie est ailleurs. Dans une dimension qui restitue à l’art toute sa puissance évocatrice et violente, celle de porter un regard critique et affranchi sur les êtres, sur les idées et sur les choses. Il n’est ni le réalisateur d’idéologies abstraites ni le falsificateur d’utopies concrètes. Et Pintilie doit sans doute l’impureté et le désordre de son cinéma à sa propre sauvagerie. Le « sauvage », c’est ainsi que le surnommait son compatriote Eugène Ionesco, s’émancipera d’une jeunesse anarchiste «d’une gaieté extrême » de sa propre confession. Cet antécédent scellera chez lui des convictions qui ne le quitteront jamais et que la pratique et l’expérience ne cesseront d’enrichir.

Si l’ensemble des films qu’il réalisera restent marqués d’un pessimisme prononcé et revendiqué, l’affront politique de la censure permettra sans doute au cinéma de Pintilie d’atteindre une maturité artistique et morale significative, conjuguant une impressionnante lucidité sur la société roumaine et un désir inaliénable d’approcher au plus près la vérité de son art. C’est que, loin de former une œuvre monolithique qui s’érigerait en gardienne de thèses douteuses et convenues, en vertu desquelles l’art atteindrait une justesse illusoire,ou de chercher à s’ancrer dans une psychologie flattant – au choix – bonnes consciences ou bas instincts, le cinéma de Pintilie n’a eu de cesse de viser et de porter son regard plus loin : c’est à dire au-delà de la morale, dans un espace éminemment politique, autant que poétique, celui de la sensation et du contraste, où le drame le plus déchirant côtoie, dans la vie comme dans la mort, le rire le plus enfantin. Un espace où le « tortionnaire » et « l’innocent » sont réunis dans le même cadre, jusqu’à l’absurde (L’après-midi d’un tortionnaire), créant un espace dialectique où les hommes – bons et mauvais - ne sont jamais jugés mais toujours incarnés avec une richesse égale et une vérité poétique irréductible. 

 

Esthétique du paradoxe

À vouloir qualifier ce cinéma, on se sent subitement écrasé par une difficulté de taille : comment exprimer au plus juste une œuvre d’une telle complexité et d’une telle richesse ? Il est probable que seules l’impureté et la spontanéité du ressenti du spectateur puisse rendre une justice au cinéma de Pintilie. C’est que de tels objets cinématographiques ne s’accommodent pas d’étiquettes et de présomptions définitives, en ceci qu’ils sont insaisissables par la raison. 

Pintilie est à l’opposé du cinéma d’idée, en cela que ses mises en scènes ne sont jamais au service d’un sens préexistant. C’est dans ses procédés de fabrications que le(s) sens se forge, que ce soit dans le choix rigoureux des lignes directrices du récit dont est tiré le scénario (la plupart des films de Pintilie sont des adaptations libres de nouvelles ou de romans) ou que ce soit dans les registres de mise en scène et de jeu alliant le grotesque, la chorégraphie, le lyrisme, le clownesque, le surréalisme, le tragique... La structure du film est maîtresse, toute impression de hasard est le fruit d’un travail virtuose qui cultive l’inattendu. Pintilie ne fait pas une œuvre politique. Si ces films sont résolument « impliqués », comme l’était son théâtre, par leurs aspects provocateurs, ce sont bien des œuvres autonomes et éminemment poétiques qu’il fabrique. Toutes les sphères de l’existence humaine sont bouleversées dans chacun des films, comme autant de visions dans un miroir déformant. Pintilie ne surplombe jamais les personnages de ses films, il ne les juge pas. Son cinéma restitue par le maniement habile des esthétiques et des éthiques, toute la complexité du réel. En cela, on pourrait avoir l’audace de dire qu’il pratique non pas une forme de réalisme, mais le réalisme, enfin rendu avec toutes ses impuretés et ses divisions. Pintilie désarme sans cesse le regard pour ouvrir une brèche où le spectateur, s’il y consent, retrouve une essence qui lui sera propre, car c’est toute notre matière au sens le plus large du terme. Nous nous appliquerons dans ce dossier à en extraire les composantes afin de proposer une anatomie artistique de cette œuvre monstrueuse. 

A la croisée de toutes les intuitions, le cinéma de Pintilie est incontestablement paradoxal. C’est un cinéma d’un désordre ravageur où l’on festoie chez les prêtres tandis que des soldats incompétents jouent à la guerre devant des hôpitaux régis par des médecins pratiquant des prises de Kung-fu sur une police débordée, à l’image de l’univers emblématique du Chêne. Un cinéma pourtant, qui derrière la sauvagerie, se trouve d’un raffinement et d’une rigueur cinématographique impressionnante, on pense à l’utilisation virtuose de la profondeur de champ, où deux évènements peuvent se superposer sans que l’un ne vienne briser l’émotion provoquée par l’autre, c’est par exemple extrêmement frappant dans Un été inoubliable, où la cruauté d’un massacre d’une « minorité » et l’indifférence forcée de la couche « supérieure » se superposent dans un contre-point d’une noirceur, il faut le dire, « inoubliable ». Un cinéma où l’hilarité de scènes atteignant un comique virtuose n’est jamais gratuite car tout se paie, en autant de déchirements d’une poésie qui se saisit dans la finesse de situations aussi inattendues qu’évidentes, à l’image du renversement brutal de La Reconstitution, où la légèreté vient se confondre avec une cruauté insidieuse, dans un final qui ne peut laisser indifférent. Un cinéma à la croisée de l’iconoclasme, du surréalisme, de l’absurde et du grotesque qu’on peine à englober sous des termes génériques. Oui, un cinéma est à l’image du cinéaste : irréductible. Du « cauchemar réel » au « réalisme magique », Pintilie ne cesse d’user de l’art du détour, du décalage et du retour pour mieux saisir les contours des sociétés humaines dont il essaye de rendre à l’image toute la complexité en approchant le visible par l’invisible, le tendre par le cruel, l’enfermement par la liberté. 

En définitive, la meilleure manière de décrire le cinéma de Pintilie serait de le considérer à travers le prisme du jeu, au sens propre comme au sens littéral du terme. Toute la lucidité cinématographique émane directement du ludique. Chaque film proposant un certain nombre de règles du jeu indépendantes, qui sont pour les personnages tantôt des objets de transgression, tantôt des obstacles, tantôt des médiums. C’est qu’il n’est sans doute pas de façon plus jouissive d’aborder l’homme qu’à travers le jeu. Nous tâcherons d’ailleurs d’approfondir cet aspect dans un article spécifique. 

Photogramme issu de La Reconstitution (1968) © Lucian Pintilie Photogramme issu de La Reconstitution (1968) © Lucian Pintilie

Horizons multiples

Pintilie a fabriqué un univers extrêmement contrasté où la multiplicité des thèmes et des motifs est remarquable au visionnage de tous ses films. D’une banale rixe de jeunes garçons « reconstituée » à la demande des autorités pour un film éducatif contre la violence juvénile aussi risible qu’amer, la Reconstitution (1968) raconte l’altération de la vérité dans un phénomène de corruption auquel participent déjà bourreaux et victimes en rendant impossible la prise de conscience du malheur qui couve tout au long du film. Dans les Scènes de Carnaval (unique film tourné pendant la période de censure, en 1981, il ne sortira en Roumanie qu’en 1990), véritable choc esthétique où un monde misérable de pouilleux éjectés du monde s’entre-tuent dans un salon de coiffure boueux, avant de devenir complices en un clin d’œil, au milieu d’une folie carnavalesque où le rire, le désespoir et la mort s’entrelacent dans une danse infernale allant du grotesque au tragique, sans transition dans une mise en abyme infinie. Une société en proie à un chaos filmé de front, contre la glaciation des esprits, Scènes de carnaval consacre l’art de la discontinuité dans un bric-à-brac mythique inspiré du roman du célèbre satiriste roumain Ion-Luca Cargiale. 

Avec Le Chêne (1992), Pintilie poursuit la recherche organique du désordre et de la rupture dans un récit initiatique mettant, cette fois-ci, en scène un héros féminin refusant de suivre le destin de son père mis au ban par la révolution. Sauvage et misérable, elle se laissera emporter dans les folies de Mitica (marque la première apparition de Razvan Vasilescu, acteur de génie qui incarnera cette figure bientôt récurrente des films de Pintilie), médecin rusé se moquant de toutes les conventions, dans une course effrénée vers la possibilité d’un futur. Portrait enragé de la société roumaine conjuguant un cynisme et une tendresse inouïe pour ces êtres déchaînés. Un Été inoubliable (1992), souvent décrit comme le moins fidèle de ses films à son esthétique iconoclaste, n’en reste pas moins un chef-d’œuvre de mise en scène, traitant de la place de la féminité et de la conscience morale du soldat, confrontées à la barbarie du massacre ethnique. Pintilie poursuivra avec Trop Tard (1996) l’exploration des sous-terrains de la société roumaine, alors définitivement embarquée dans le capitalisme sauvage. Un policier haletant d’un pessimisme provocateur, entre ombre et lumière, où la figure anarchique de Mitica ressurgit pour aller chercher dans les entrailles de la terre le criminel aliéné et brisé qui gît au fond du puits. Terminus Paradis (1998) conte peut-être une des plus bouleversante histoire d’amour qui soit, toujours sur fond d’indécrottable misère, de corruption familiale et de nationalisme. Film aux allures testamentaires où le cinéaste dépeint les accents furieux d’un nihilisme contenu où le carnage n’est jamais bien loin. Enfin, son dernier long-métrage Niki et Flo (2003) s’attaquant une nouvelle fois à la mémoire individuelle et collective avec une sobriété et un dépouillement nouveau, confronte un soldat retraité et un tyran domestique, tous deux mal remis des transformations politiques de la Roumanie. La carrière cinématographique de Pintilie s’achève en 2006 avec le magistral Tertium non datur, moyen métrage à huis clos interrogeant le sens du nationalisme et de la dignité avec pour cadre la fin de la seconde guerre mondiale où l’armée roumaine et allemande se sont retrouvés alliés malgré eux. 

Du mensonge au songe. 

Un véritable bric-à-brac. Démesurément inspirant. Rare dans le paysage cinématographique actuel, la liberté savante de Monsieur Pintilie est chimiquement et physiquement explosive. Aujourd’hui, alors que son décès remonte à moins de deux ans, ses œuvres nous paraissent nécessaires. L’alliance de la rigueur infinie et de la plus impure liberté. Mais l’audace de ses mises en scène affirment une telle présence organique que son univers nous est presque familier et intime. Nous espérons, par ce dossier à venir, rendre compte de la richesse des cadres, des décors, des rythmes, des sensations, des matières, des sons, des articulations, des choix, des omissions, des fulgurances de ce cinéma qui, au-delà des pellicules, se fixe dans nos songes. 

« Et d’autres que moi continueront mes songes » disait Firmin Gémier, fondateur du Théâtre National Populaire. Soit dit en passant, nous ne pouvons que regretter amèrement de n’avoir pas été les contemporains de Pintilie pour voir l’étendue de son travail théâtral dont il ne reste aujourd’hui pas de trace.

Dire que, par delà les âges et les atermoiements de l’Histoire, nous ne pouvons que désirer et revendiquer l’influence de l’inépuisable carnaval Pintilesque, revendiquer la coexistence du grotesque et du tragique qui sont le propre des conditions humaines. Nous désirons le brutal et le pathétique, le dérisoire et le sublime. Nous revendiquons la fièvre de cette quête de vérité concrète, débordante de ces œuvres intemporelles et brûlantes. Nous « revendiquons » car nous sommes en lutte contre toutes les formes du mensonge. Et nous sauront en rire et nous en émouvoir jusqu’à nous enivrer de nos propres larmes, car c’est là notre seul ressort pour conjurer l’éternité et la - soit disante - inviolable immobilité de notre condition.

Dan Kroukov

Voir, absolument, les films de Lucian Pintilie : 

- Sur la Cinetek (Scènes de carnaval, Le chêne, Un été inoubliable, La Reconstitution)

- Sur UniversCiné (L’après-midi d’un tortionnaire, La Reconstitution)

Source bibliographique : Bric-à-brac de Lucian Pintilie, Editions L’entretemps

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