Vœux présidentiels : Macron déroule son programme

Sur la forme, rien à redire... l'allocution des vœux d'Emmanuel Macron était cette fois bien filmée, l'éclairage impeccable. Sur le fond, ce gros quart d'heure d'allocution prononcée debout voulait sans doute effacer les 13 minutes compassées et pathétiques du précédent discours du 10 décembre.

2019


Mais il n'a hélas rien apporté de nouveau. Emmanuel Macron n'a fait aucune annonce, sauf la promesse de poursuivre les réformes pour lesquelles il dit avoir été élu, notamment le système de retraite, la fonction publique et l'assurance chômage.

De discours en discours, le chef de l'État ne fait que dérouler sa partition sur un ton volontariste et satisfait de lui-même, satisfait d'avoir déjà réussi à imposer des réformes aussi structurantes que celle du Code du Travail ou de la SNCF quitte à affronter les mobilisations sociales. Et encore une fois, il nous demande de le croire sur parole en ajoutant que les résultats « ne peuvent pas être immédiats et l'impatience que je partage ne saurait justifier aucun renoncement ». Pas l'ombre d'un doute, pas une once d'autocritique, pas un remord.

De cette fin d'année et de la mobilisation des gilets jaunes dont il n'a même pas prononcé le nom, il s'est borné à évoquer « de grands déchirements et une colère qui venait de loin : colère contre les injustices, contre le cours d'une mondialisation parfois incompréhensible, colère contre un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance, colère aussi contre des changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens ». Mais le naturel revenant toujours au galop, il a réduit ce mouvement social à une « foule haineuse ». C'est dire à quel point il n'a toujours pas compris ce mouvement qu'il n'a d'abord pas vu venir, pas su gérer autrement que par la répression. Et c'est sans doute pour rassurer les marchés qu'il a aussi ajouté que « l'ordre républicain sera assuré sans complaisance ».

Rien de nouveau donc dans ce discours dont personne n'attendait rien sauf la confirmation pour les forces du mouvement social que cette année qui commence devra être placée sous le signe des mobilisations sociales.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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