La femme n'est-elle devenue que l'avenir de la com. pour Emmanuel Macron?

En s'invitant dans une séance du grand débat national exclusivement féminine, organisée par Marlène Schiappa -quelle audace !-, Emmanuel Macron a visiblement voulu occuper le terrain médiatique à quelques heures de la mise en œuvre de l'index sur les inégalités salariales femmes-hommes dans les plus grandes entreprises et quelques jours avant le 8 mars.

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Hélas, sans cette interpellation du chef de l'État par une femme Gilet jaune depuis le 17 novembre, ces quatre heures -quelle énergie !- seraient un non-événement. Pourtant, Emmanuel Macron n'en a pas fini avec les revendications féministes comme on va le voir ces prochains jours. C'est que les inégalités salariales persistent, les violences sexistes et sexuelles continuent à l'entreprise dans une impunité de mieux en mieux organisée grâce notamment aux ordonnances Loi Travail qui désarment les représentants du personnel et les lanceurs d'alerte.

Quant à l'accès des femmes aux responsabilités... toute la com. du monde ne pourra masquer les piètres résultats du premier patron de France. L'État n'est pas le plus vertueux. Si près des deux tiers des emplois de la Fonction publique (État, collectivités et hôpitaux) sont occupés par des femmes, contrairement au secteur privé où elles ne représentent que 46 % des emplois, les femmes ne sont que 41 % à occuper un emploi d’encadrement supérieur et de direction. La Fonction publique d’État (FPE) est même le plus mauvais élève en matière d’égalité professionnelle. Si plus de la moitié de l’ensemble des postes sont occupés par des femmes (55 %), les emplois d’encadrement et de direction sont majoritairement masculins : seulement 33 % sont féminisés. Parmi les cadres dirigeants nommés par décret du président de la République, un quart des ambassadeurs, 17 % des préfets, un tiers des directeurs d’administration centrale des services centraux des ministères sont des femmes. Ces chiffres ne sortent pas de nulle part, mais du rapport annuel du ministère de l’Action et des Comptes publics. « Les femmes de la Fonction publique sont massivement dirigées par des hommes. Un constat d’autant plus frappant au sein de ce secteur d’emploi très largement féminisé. Le plafond de verre est loin d’avoir été brisé », conclue l'Observatoire des inégalités.

Pour l'ensemble du salariat, les femmes salariées subissent « des différences de rémunérations de 26 %. Elles sont les premières pénalisées par la précarité et le temps partiel, et sont concentrées dans des métiers dévalorisés financièrement et socialement. Leurs carrières sont plus souvent plafonnées, bloquées par le « plafond de mère » dénoncé par l’Ugict-CGT. Pour celles qui réussissent à passer ce parcours d’obstacles, plus elles ont de responsabilités plus l’écart avec les hommes s’accroît du fait de la part variable de la rémunération qu’Emmanuel Macron veut justement importer dans la Fonction publique… ce qui se traduit par des retraites inférieures de 42 % », dénonce la CGT qui appelle avec d'autres organisations et associations à nouveau cette année à se mobiliser le 8 mars à 15h40 pour une grève féministe et des manifestations, à l'heure où les femmes commencent à bosser pour rien.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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