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Billet de blog 4 sept. 2017

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Ordonnances: la légalisation de l'arbitraire patronal

Peu de surprise, mais beaucoup d'enjeux... ainsi peut-on résumer l'annonce par le Premier ministre du contenu des cinq ordonnances de la loi Travail « XXL » concoctée durant trois mois. La stratégie d'enfumage et d'opacité entretenue par l'exécutif nous faisait craindre le pire comme le laissait présager le décryptage réactualisé que la CGT de l'encadrement a mis en ligne dès le début de l'été.

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Dès lors, et plus que jamais, l'enjeu des prochains jours est de construire les mobilisations en nous adressant aux ingénieurs, cadres et techniciens à partir des aspects de la réforme qui vont profondément impacter leur vie au travail. Par exemple le fameux « CDI de projet », très critiqué au-delà de l'Ugict, et qui n'est autre que la nouvelle version du CDI de mission que le Medef voulait généraliser.

C'est une offensive de taille vers la généralisation de la précarité de l'emploi qualifié. Les ICT seront aussi particulièrement touchés par la « barémisation » des indemnités prud'homales pour licenciement abusif qui va aggraver la pression des directions des entreprises sur un encadrement déjà soumis au dilemme « se soumettre ou se démettre » en cas d'injonction unilatérale et néfaste. Les cadres sauront désormais qu'ils peuvent être licenciés plus facilement et à moindre frais et pourront donc moins que jamais exercer leur droit d'expression et leur responsabilité sociale.


Déjà soumis à l'intensification de la charge et du temps de travail qui atteint en moyenne 42 heures hebdomadaires, à l'explosion des phénomènes de « burn-out », à la généralisation et l'utilisation intensive des outils numériques, l'encadrement est aussi particulièrement concerné par la fusion disparition des CHSCT qui pose un vrai problème de santé au travail pour l'ensemble des salariés.

Or, non seulement cette réforme ne va pas apporter de réponse à ces problématiques de santé au travail et à cette préoccupation forte parmi nos catégories et la loi Travail, mais elle tend à priver les salariés et les syndicats des faibles moyens dont ils disposaient pour faire bouger les lignes. Sur cette question et sans doute sur d'autres aspects nous pouvons faire émerger des convergences syndicales et construire des mobilisations. C'est notamment ce que montre la pétition intersyndicale pour exiger le maintien des CHSCT et de toutes leurs prérogatives. Toutes les organisations syndicales, excepté la CFDT, se sont associées à cette initiative que nous avons lancée cet été et qui a déjà recueilli plus de 20 000 signatures.


Pour les jours à venir et dans la perspective du 12 septembre, l'Ugict et ses militants vont continuer à éclairer sur ces ordonnances et à porter l'exigence d'une réforme du droit du travail qui permette une véritable dynamique sociale et une efficacité économique. Le gouvernement et ses zélateurs ont beau jurer que tout est désormais gravé dans le bronze, ils ne peuvent ignorer que par exemple 64 % des salariés ne croient aux avantages économiques qu’engendrerait une plus grande flexibilité du travail. Ainsi 68 % des salariés craignent en effet si le Code du travail laisse plus de place à la négociation par accords d’entreprise que seuls les employeurs en profitent, leurs droits en seraient diminués.

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