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Billet de blog 4 oct. 2021

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Factures inflammables

« J'en ai le pouvoir » a lancé le Premier ministre Jean Castex l'autre soir lors de l'annonce d'un « bouclier tarifaire » contre l'envolée des prix de l'énergie et d'un chèque exceptionnel de 100 euros versé en décembre pour faire face à l'augmentation actuelle des prix de l'énergie.

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Super Castex, s'est déguisé en super pompier pour tenter d'éteindre une grogne légitime qui monte dans l'opinion sur le pouvoir d'achat largement amputé depuis des mois par la hausse des prix du gaz et de l'électricité ainsi que des carburants. 

La hausse des tarifs réglementés de l'électricité, qui devait atteindre quelques 12 % début 2022 sera donc limitée à 4 % en 2022 grâce à une baisse de taxe. Quant à la hausse du gaz, elle ne sera gelée qu’après la hausse de 12,6 % de vendredi 1er octobre et durera jusqu'à avril 2022, lorsque "le prix du gaz devrait dégringoler" selon le gouvernement. Comme le monde est bien fait ! Cela devrait se produire au moment de la présidentielle...

Comment ne pas voir dans ces annonces un nouveau saupoudrage électoraliste ?

Cette affaire montre là encore une certaine fébrilité de l'exécutif confronté à des sujets pour le moins inflammables. Stagnation des salaires, SMIC trop bas pour assurer un revenu décent viennent se conjuguer avec des hausses des prix et en particulier des dépenses incompressibles et de plus en plus insupportables pour les ménages.

En 2019, selon les derniers chiffres connus, quelques 3,5 millions de ménages étaient en situation de précarité énergétique, c'est-à-dire qu'ils dépensaient plus de 8 % de leurs revenus pour payer leur facture, d'après l'indicateur du taux d'effort énergétique fourni par le ministère de la Transition écologique. Et selon le Médiateur de l'énergie, 671.546 ménages ont subi l'intervention d'un fournisseur (suspensions, réduction de puissance) en 2019 à la suite d'impayés (+17 % par rapport à 2018).

« Si cette mesure est à prendre, elle est loin d’être satisfaisante pour répondre aux besoins de millions d’usagers en précarité énergétique. Elle ne compensera pas non plus les hausses continues des prix de l’énergie livrée à la « libre concurrence » qui, soi-disant, devait faire baisser les prix », estime la CGT. La confédération ne se satisfait pas de cette demi-mesure et demande que la TVA de 20 % sur l'électricité soit ramenée à 5,5 %.

Mais au-delà de cette séquence, ce qui est posé c'est aussi que l'énergie est soumise à la loi du marché alors qu'elle n'est assurément pas une marchandise comme une autre et que les acteurs de l'énergie sont aujourd'hui privés et servent des intérêts juteux à leurs actionnaires.

Cette séquence de hausses insupportables de l'énergie pour les ménages mérite bien mieux que des mesures ponctuelles. Elle nous rappelle en effet que la libre concurrence n'a pas fait baisser les prix, qu'elle n'est pas non plus protectrice pour les consommateurs les plus vulnérables. « Il est temps de faire une analyse sérieuse de la privatisation et de la dérèglementation du secteur énergétique qui conduisent à une hausse massive des prix. La CGT l’avait annoncé et dénoncé de longue date ! »

L'énergie doit être inscrite comme un bien fondamental, essentiel à la vie, et « le droit à son accès comme un droit opposable », selon la CGT qui revendique de revenir à des tarifs régulés pour toutes les énergies.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

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