Réformes : Macron affiche la fermeté pour tenter de démobiliser

Dans un entretien diffusé sur RTL, Emmanuel Macron a affirmé le 28 octobre qu’il « n’aurait aucune forme de faiblesse ou de complaisance » sur la réforme des retraites affirmant même « je suis prêt à assumer un nouveau décembre 1995 s'il le faut ».

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Droit dans ses bottes... c'est un ton bien martial que le chef de l'État a donc décidé d'adopter alors que s'annonce une forte mobilisation sociale nationale interprofessionnelle avec grève illimitée dans certains secteurs sur la réforme des retraites à partir du 5 décembre et que l'opinion n'est toujours pas convaincue par le projet du Haut-commissaire. Tenir ces propos définitifs et martiaux dans une séquence à forte inflammabilité sociale montre la déconnexion de ce président avec les réalités sociales. Cette sortie radiophonique présidentielle est évidemment une tentative d'intimidation envers les syndicats qui combattent cette réforme. Et elle en dit long sur le caractère monarchique et autoritaire de ce gouvernement qui préfère la communication verticale au dialogue social et qui serre la vis et cogne quand le mouvement social l'accule. N'en déplaise au monarque ses réformes ne passent pas, et cela vaut autant pour celle de l'indemnisation du chômage que la future réforme des retraites.

On le vérifie encore avec le dernier baromètre de l'Ugict-CGT, l'organisation spécifique des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT réalisé par Viavoice auprès de 1 000 cadres des secteurs privé et public. Les cadres, dont une majorité avait soutenu Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle, jugent négativement les réformes en cours et n'ont pas d'illusion quant à leurs objectifs. Sur les conséquences de la réforme de l'assurance chômage, les cadres jugent aussi qu'il n'y aura « pas de maintien de leurs droits » à 54 %.

Sur la question de la réforme des retraites telle qu'elle se profile dans le rapport du Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, 73 % d'entre eux estiment qu'« il n'y aura pas de maintien de leurs droits à retraite », un « record », selon Marie-José Kotlicki, co-secrétaire générale de l'Ugict-CGT. « Il est clair que les cadres dans leur écrasante majorité ne veulent pas de cette réforme en l'état qui avance masquée afin de ne pas éveiller les soupçons, tellement le sujet est risqué », affirme l'organisation syndicale spécifique de la CGT.

« L'allocation de retraite, calculée sur la base du salaire moyen de la totalité de la carrière au lieu d'un calcul sur les salaires des 25 meilleures années, va pénaliser principalement les cadres, notamment celles et ceux ayant des carrières plus ascendantes. Doit-on s'étonner que le gouvernement refuse de divulguer les impacts pour cette population ? » interpelle la CGT de l'encadrement.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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