Macron ou l'audace du pickpocket (Comités d'entreprise)

C'est au détour d'un amendement parlementaire au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, discrètement adopté le 24 octobre qu'Emmanuel Macron et son gouvernement ambitionnent de faire les poches des salariés en soumettant les prestations proposées par les comités d'entreprise à cotisations sociales.

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La mesure adoptée sans information ni dialogue avec les organisations syndicales intervient en plein débat sur le pouvoir d'achat et à quelques jours de la mobilisation du 17 novembre contre le prix des carburants et alors que la côte de confiance du chef de l'État est au plus bas lorsqu'on interroge les Français sur le pouvoir d'achat.


Il faut donc croire que Macron est sourd et que son projet politique de prédation du capital sur le travail salarié vaut bien de goûter aux affres de l'impopularité. En fait, Macron a de l'audace, celle du pickpocket qui vous distrait et qui vous pique votre portefeuille. Il n'a aucun tabou dès lors qu'il s'agit de s'en prendre aux plus modestes, mais il a des pudeurs lorsqu'il faut s'en prendre aux intérêts des clients de son ancien employeur la banque d'affaire Rothschild. Le jeune énarque y a gravi les échelons pour s'imposer « petit Mozart de la finance » et conseiller de grandes entreprises dans leurs opérations de fusions-acquisitions.


Pris la main dans le sac le gouvernement et ses marcheurs nous expliquent que cette manne colossale de l'agent redistribué par les comités d’entreprise ne saurait échapper au financement de la solidarité. En fait, le gouvernement est en train de récupérer ce qu'il prétend nous avoir donné en salaire net grâce aux exonérations de cotisations sociales.

Cette fois, c'est sur le salaire socialisé qu'il entend se servir. Ces sommes consacrées à la culture, aux vacances sont une part de la richesse que nous créons par notre travail. Ce n'est pas un cadeau que nous octroient nos employeurs. C'est ce que l'on appelle une conquête sociale. C'est un espace de liberté et d'initiatives que le monde du travail a gagné en même temps qu'un élément de pouvoir d'achat pour beaucoup essentiel. C'est notre salaire qui baisse, c'est notre pouvoir d'achat qui est encore mis à mal.

Et in fine, c'est tout un secteur d'activités sociales et culturelles qui va trinquer, c'est aussi une mesure qui va pénaliser la consommation des ménages dont on ne dira jamais assez qu'elle est le premier levier de croissance.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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