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Billet de blog 5 déc. 2022

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Macron et Borne font le choix de la confrontation sociale

Depuis des semaines, Élisabeth Borne soufflait le chaud et le froid. Si le contenu de la réforme des retraites ne faisait plus grand mystère en dépit des concertations en cours, on savait l'exécutif sur le point d'arbitrer un calendrier.

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Et alors que le dernier cycle de concertation a démarré jeudi soir, 1er décembre, au ministère du Travail entre Olivier Dussopt et ses interlocuteurs sociaux, la Première ministre a annoncé le lendemain dans Le Parisien que « la réforme s'appliquera à partir de l'été 2023 », donc « de la génération née au deuxième semestre 1961 ».

Le gouvernement devrait en dévoiler les contours le 15 décembre, avant une présentation en janvier au Conseil des ministres. « Comme un nouveau mauvais cadeau pour les fêtes de fin d’année » a commenté la CGT dans un communiqué.

Dans Le Parisien, la Première ministre rappelle que la proposition initiale d'Emmanuel Macron était de reporter progressivement l'âge de départ à 65 ans, mais aussi qu'il s'est dit depuis « ouvert » à un report à 64 ans avec un allongement de la durée de cotisation. Un marché de dupes dans lequel les organisations syndicales ne sont pas tombées, maintenant un front commun contre cette perspective.

Déjà le 3 octobre dernier, FO, CGT, CFDT, CFTC, CGC, FSU, UNSA, Solidaires réaffirmaient qu’elles sont, comme la majorité de la population, fermement opposées à tout recul de l’âge de départ en retraite et à une augmentation de la durée de cotisation.

Le choix de ce calendrier ne doit rien au hasard. L'exécutif fait sans doute le pari hasardeux que la proximité des fêtes freinerait la montée en charge d'une riposte sociale. C'est être un peu amnésique si l'on se souvient de la dernière mobilisation contre cette réforme.

De fait, pour les organisations syndicales -toutes cette fois-ci- l'heure est à la préparation d'une riposte. Une intersyndicale réunira la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, Solidaires et la FSU au siège de cette dernière, ce lundi 5 décembre. Et si la CFDT envisage toujours de « continuer de jouer le jeu de la concertation », s'il y a report de l'âge légal de départ en retraite elle « s'opposera et elle s'opposera par tous les moyens, et notamment on essaiera de s'y opposer de manière intersyndicale. C'est clair, net, précis », a affirmé, vendredi 2 décembre Laurent Berger, en marge du lancement des Assises du travail à Paris.

À la FSU, on entend aussi se régler sur le bon tempo pour mobiliser. Ne « pas partir trop tôt, parce que le risque c'est d'être faible, c'est de ne pas avoir suscité assez de mobilisation, d'explication », a indiqué son secrétaire général, soulignant qu'il est « difficile de mobiliser juste avant les fêtes ».

« La CGT va mobiliser pour faire à nouveau échouer cette réforme », a indiqué vendredi 2 décembre sur Franceinfo Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT chargée des retraites et de la protection sociale. « Il n'y a pas d'autres solutions pour se faire entendre que la grève dans les entreprises. On a déjà beaucoup travaillé à informer nos militants et plus largement les salariés. »

On s'achemine donc à grands pas vers une confrontation sociale lors de la présentation en Conseil des ministres, début janvier ; pour des discussions à l’Assemblée nationale « au printemps ». Et le gouvernement n'a pas encore partie gagnée, car l'opinion est très largement défavorable à cette réforme.

Ainsi, trois Français.es sur quatre jugent que le recul de l'âge légal de départ à la retraite n'augmentera pas le taux d'emploi des seniors, selon un sondage Elabe pour Les Echos. Et même la majorité des sympathisant.es d'Emmanuel Macron n'y croient pas non plus. Début octobre une enquête pour le HuffPost, comptait plus de 6 Français.es sur 10 défavorables au projet de réforme des retraites et 77 % qui désapprouvaient le décalage de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

C'est donc contre l'opinion, contre toutes les forces syndicales qu'Emmanuel Macron privé de majorité absolue entend imposer sa réforme idéologique. Il espère « trouver un chemin » avec les Républicains pour faire voter sa réforme, mais pourrait aussi user du 49.3.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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