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Billet de blog 6 déc. 2021

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Peste brune

Immigration, sécurité, identité, « grand déclassement », « grand remplacement » haine des médias… Le premier meeting du désormais candidat Eric Zemmour s'inscrit dans la continuité de ses thèmes de prédilection déclinés depuis des années jusqu'à la nausée. Des idées mortifères et pernicieuses qui l'ont amené jusqu'à la barre du tribunal.

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 On aurait tort de penser que le morcèlement ou la dispersion de l'extrême droite viendrait consolider le prétendu « plafond de verre » qui l'a empêché d'accéder au pouvoir. En effet, son arc politique s'étend aujourd'hui de Marine Le Pen à la droite la plus rance des Républicains qui pour conquérir les suffrages de sa primaire s'est livrée à une course à l'échalote sur des thèmes qui ne sont pas sans rappeler le profond humanisme d'un Jacques Chirac du « bruit et des odeurs », d'un Nicolas Sarkozy de la « racaille » et du « Kärcher ».

 Les prétendues « digues » que le RPR puis l'UMP prétendaient garantir contre le Front National ont été depuis bien longtemps sapées - si tant est qu’elles n’aient jamais existé -, démontrant une porosité malsaine des idées et des transfuges. Ainsi l’ex-numéro deux de LR et soutien d’Eric Ciotti, Guillaume Peltier, a écrit sur Twitter juste après la fin du meeting : « comment rester insensible au discours pour la France d’Eric Zemmour ? ». Qui peut croire qu'une Valérie Pécresse n'aura pas des gages politiques à donner à ces 40% de votant pour Ciotti ?

 Voilà des années qu'on évoquait la « lepénisation » des esprits, mais voilà que l'on caractérise désormais « l'extrême droitisation » de la société... Toute la société ? Ce serait sans doute vite aller en besogne. La maladie touche avant tout la vie politique. Car les questions qui taraudent la population sont d'abord sociales et les thématiques agitées par ces responsables politiques sont déconnectées des premières préoccupations des gens.

 Mais plutôt que de répondre aux exigences salariales, à la baisse du pouvoir d'achat, au besoin de service public, ces responsables politiques banalisent le pire. Voilà qui nous promet une campagne que certains prédisent violente. Elle a commencé avec l'agression dont ont été victimes les militants antiracistes qui sont allés manifester à Villepinte ainsi que les journalistes brutalisés par les sbires de Zemmour. Près de cinq ans après l'élection d'Emmanuel Macron, cette structuration et cet élargissement décomplexé de l'arc d'extrême droite est autant à mettre au débit de sa politique antisociale et néolibérale qu'à la lâcheté d'une droite déboussolée.

Dans ce contexte le mouvement syndical , les forces sociales sont interpellés. D'abord parce qu'ils seraient les premières victimes de la politique d'un Zemmour ou d'une Le Pen, mais aussi parce que plus fondamentalement ces gens ne proposent rien d'autre que les vieilles recettes libérales ou néolibérales qui nous ont précipité dans toutes les crises que nous traversons.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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