Sécurité globale : mobilisation jusqu'au retrait !

L'ampleur et la persistance des mobilisations contre le projet de loi de sécurité globale ont eu pour effet la semaine dernière de provoquer un genre de rétropédalage qui témoigne de l'embarras gouvernemental.

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Et l'on a assisté à une cacophonie et une passe d'armes à fleurets mouchetés entre l'ancien et le nouveau locataire de la place Beauvau. Ce premier annonçant une réécriture du fameux article 24 pour faire bonne figure et ne pas donner le sentiment que Macron et ses amis persistent à imposer un texte trop impopulaire qui a encore mobilisé des dizaines de milliers de manifestants samedi 5 décembre dans 90 villes de France. Mais l'opération de déminage est aussi grossière que suspecte même si ce sont des députés et non le gouvernement qui réécrivent cet article.

D'abord parce que cet article n'est pas le seul danger de ce projet de loi. Subsistent encore les articles 21 et 22 relatifs à l'accès aux images des caméras de vidéosurveillance et des caméras-piétons portées par les policiers ou des drones. Ces articles visent l’instauration d'une surveillance de masse et rendent illusoire la protection des sources des journalistes et lanceurs d’alerte. Jumelées avec le Schéma national du maintien de l’ordre qui prétend par exemple obliger les journalistes à se faire accréditer pour couvrir les manifestations, ces trois articles sont une menace pour le droit d’informer et d’être informé. Comme à chaque fois qu'il est en difficulté, l'exécutif déploie toutes ses armes de communication. Macron lui-même a mouillé la chemise lors de son interview à Brut le 4 décembre.

Entretien où il n'a hélas apporté aucune réponse aux demandes de la coordination #StopLoiSecuriteGlobale (créée à l'initiative des syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO et de la LDH), qui dès dimanche a appelé à poursuivre la mobilisation, jusqu’au retrait complet des articles 21, 22 et 24 de la loi. Car non seulement le chef de l'État n'a pas rebroussé chemin, mais il persiste à priver les citoyens et les journalistes du droit de filmer la police en intégrant dans un autre projet de loi, celui contre le séparatisme, un article 25 qui crée dans le Code pénal un nouveau délit de mise en danger de la vie d’autrui par diffusion, « par quelque moyen que ce soit, d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique ou aux biens ».

On voit donc bien à quel petit jeu se livrent de concert l'Elysée, Beauvau et LREM, encore une fois, c'est du « floutage de gueule ».

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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