Les femmes, grandes gagnantes de ce 8 mars 2020

Nous venons ce dimanche de vivre un 8 mars exceptionnel à plus d'un titre.

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Si faire grève un dimanche pour défendre les revendications d'égalité salariale et professionnelle, combattre le sexisme et les violences faites aux femmes était assurément compliqué, en revanche, la participation aux manifestations et en particulier à celle de Paris aura été inédite pour ce qui est de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Dans la suite de la manifestation géante contre les violences faites aux femmes du 23 novembre 2019, ce 8 mars 2020 marque incontestablement une défiance des femmes à l'égard du pouvoir en place depuis 2017. C'est vrai sur les questions sociétales comme la lutte contre les violences conjugales qui n'ont trouvé aucune réponse convaincante lors du Grenelle. C'est encore plus vrai sur les questions sociales telle que la réforme des retraites ou les inégalité femmes-hommes au travail. C'est donc un 8 mars dans le droit fil de la séquence sociale que notre pays connaît depuis des mois que nous venons de vivre.


La condamnation d'Harvey Weinstein, les mots de Vanessa Springora, d’Adèle Haenel et d’Aissa Maiga, l’affaire Polanski sont passés par là et disent bien que quelque chose a commencé à changer. Que la domination des hommes dans la sphère politique, sociale, intime est à bout de souffle et que sa perpétuation est devenue insupportable. Mais le chemin est encore très long, comme en témoigne l'enquête menée par le collectif #Noustoutes qui rapporte que 9 femmes sur 10 ont déjà été victimes de pression pour un rapport sexuel en France et que plus de 8 sur 10 ont déjà subi des violences lors d'un rapport.


Plus question pour les femmes de se laisser confisquer la parole qu'elles ont osé prendre pour dénoncer le machisme, le sexisme, les violences et les viols. Mais plus question non plus de se laisser berner par des discours lénifiants de l'exécutif qui veut faire passer sa réforme sociale régressive en aubaine pour les femmes. Grandes perdantes de la réforme systémique et paramétrique du système de retraite, les femmes le seront d'abord comme les hommes et elles le seront surtout plus que les hommes parce que la retraite continuera plus que jamais d'être le miroir grossissant de carrières professionnelles plombées par des inégalités dont la résorption semble un horizon qui s'éloigne faute de volonté politique. Et parce que les mécanismes de cette réforme vont encore accentuer ces inégalités.


En s'appropriant l’icône féminine de « Rosie la riveteuse » devenue icône féministe, les militantes syndicalistes, associatives ont non seulement façonné une bande son, un caractère festif et joyeux aux dernières manifestations sociales, mais elles ont aussi gagné une place essentielle dans le combat qui se mène contre la réforme des retraites. Cette place, on la mesure dans un récent sondage qui confirme que 60 % des citoyens souhaitent le retrait du projet mais surtout que 62 % des femmes le rejettent. La propagande gouvernementale sur les droits supplémentaires qu'elles obtiendraient avec la réforme n'a donc visiblement pas pris. Et ça c'est une première victoire à mettre au crédit des mobilisations.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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