Ruissellement inversé

Emmanuel Macron a bel et bien inversé la gravité. Si, si... Jupiter a bien ce pouvoir de provoquer le ruissellement à l'envers. Ce n'est pas vers le bas que ruisselle désormais la prospérité, mais bien vers le haut, vers les plus riches.

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C'est bel et bien ce qu'indique l'étude de l'OFCE publiée le 5 février. Il en ressort que, les 5 % des Français les plus pauvres sont les grands perdants de la politique économique de Macron qui impacte aussi négativement les 40 % de la population les plus modestes. « Sur les 17 milliards d’euros de gains de pouvoir d’achat pour les ménages depuis 2018, plus de 4 milliards d’euros l’ont été aux 5 % de ménages les plus aisés.

A contrario, l’effet cumulé des mesures prises depuis le début du quinquennat devrait être négatif pour les 10 % de ménages les plus modestes », indique l'étude. « Les effets des mesures prises sur les aides au logement (-30 euros), la réforme des allocations chômage (-40 euros) et la hausse du prix du tabac (-30 euros), n’étant qu’en partie compensés par les effets positifs de la taxe d’habitation (+35 euros) et les revalorisations de l’allocation aux adultes handicapés (+15 euros) et de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (+10 euros) », détaille l’OFCE.

Les Français les plus modestes devraient ainsi voir leur revenu disponible réduit de 45 euros en moyenne sur l’année. Il n'en aura pas fallu plus à la plupart des éditorialistes pour relever que cette étude ne faisait pas l'affaire de l’exécutif confronté depuis des mois à une contestation sociale qui reste sourde aux éléments de langage déversés par les perroquets de la REM. Et qu'elle n'allait pas contribuer à effacer l'étiquette de président des riches qui colle à la peau d'Emmanuel Macron depuis les premiers mois de son quinquennat comme le sparadrap du capitaine Haddock.

Evidemment Bruno Le Maire est monté au créneau en affirmant que le travail de l’OFCE n'est « ni honnête, ni sérieux ». Président des riches, Macron l'est en effet et cette perception n'est en aucun cas de l'ordre du ressenti ou du fantasme. Et on peut même ajouter qu'il est le président des ultra-riches, et des intérêts des puissances financières. I

l en a encore fait la démonstration en décorant le patron de BlackRock France dans la promotion de la Légion d'honneur du 1er janvier, mais surtout, il fait aux fonds de pension et aux compagnies d'assurance le cadeau tant espéré d'une réforme des retraites qui va précipiter ceux qui le pourront vers l'épargne et la capitalisation. Grâce à quoi, si quelque sou ruisselle vers le bas, il sera vite repompé vers le haut pour alimenter les marchés financiers.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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