Climat, environnement : un terrain syndical

Les quelque 150 marches pour le climat, à l'appel, notamment du collectif « Plus jamais ça » ; ont réuni ce dimanche 9 mai des dizaines de milliers de citoyen.nnes partout en France.

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À Paris, les manifestant.es ont conspué la politique et le bilan désastreux d'Emmanuel Macron en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Un bilan déjà sanctionné dans le procès de l’« Affaire du siècle » par la condamnation du gouvernement pour son inaction climatique.

 L'ampleur attendue de la mobilisation a obligé le chef de l'État à démentir, sans pour autant convaincre, l'enterrement de sa promesse faite devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) d'envoyer aux parlementaires leur proposition permettant d'inscrire la lutte contre le dérèglement climatique dans la Constitution.

 Une reculade devant les intérêts à courte vue des multinationales et des lobbies industriels qui symbolise le manque d'ambition et de moyens de la loi « Climat et résilience », adoptée le 4 mai à l'Assemblée.

 Ce texte était pourtant censé traduire une partie des 149 propositions de la CCC, convoquée par le chef de l'État, avec pour feuille de route de proposer des mesures propres à réduire les émissions françaises de gaz à effet de serre de 4 % « dans un esprit de justice sociale ». Mesures que le président s'était à plusieurs reprises engagé à transmettre « sans filtre ». L'indigence de ce texte avait déjà été dénoncée par des milliers de manifestant.es le 28 mars dernier.

 Cette mobilisation pour le climat va bien au-delà de la dénonciation de l'inaction du gouvernement car elle porte les exigences d'une transition sociale et écologique juste.

 Elle postule qu'emploi et environnement sont un même combat. L'idée que la transition écologique serait destructrice d'emplois est de plus en plus contestée. Le primat donné à l'économique contre l'écologie et l'environnement est lui aussi de plus en plus remis en question. « On ne pourra préserver l’environnement sans justice sociale, il n’y aura pas d’emplois sur une planète morte. La crise sanitaire mondiale manifeste brutalement les limites d’un système capitaliste et productiviste qui détruit à la fois les équilibres sociaux et environnementaux en prétendant justement refuser toute limite » affirme la coalition d'organisations, de syndicats (dont la CGT), d'ONG et d'associations qui veulent mener ensemble des combats contre la fin du monde et la fin du mois.

 Il y a urgence à rompre avec un modèle économique fondé sur l'austérité et la rentabilité financière pour en construire un autre à partir du respect de la nature et de l'humain.

 Ces dimensions sont devenues un enjeu central pour l'encadrement. « Nous avons des leviers concrets pour agir et présenter des solutions concrètes, en rupture avec le « greenwashing » pratiqué par les multinationales : travailler à relocaliser la production, mettre en place une économie circulaire et maîtriser notre consommation d'énergie », suggérait en avril Sophie Binet, cosecrétaire générale de l'Ugict-CGT, dans la Nouvelle Vie Ouvrière. « Intégrer ces enjeux au quotidien dans nos entreprises nécessite d'obtenir de nouveaux droits. Ainsi, la responsabilité professionnelle doit être réhabilitée et adossée à l'intérêt général, par des droits de refus, d'alerte et de propositions alternatives. »

 La CGT de l'encadrement entend peser sur ces questions environnementales et elle en a fait l'une des trois grandes thématiques de son congrès, prévu en novembre prochain, et a publié un Manifeste pour la responsabilité environnementale afin de proposer et mettre en débat des transformations concrètes.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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