ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

255 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 sept. 2022

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

CNR : les absents refusent de servir de faire-valoir

Trop marqué par son exercice jupitérien du pouvoir durant son premier mandat, par son mépris du dialogue social, des corps intermédiaires, Emmanuel Macron est bien à la peine pour donner lustre et relief à son Conseil national de la refondation, lancé à Marcoussis dans l'Essonne, jeudi 8 septembre.

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'opération a surtout brillé par le nombre et la nature des absents. Les oppositions et une majorité de syndicats, dont la CGT, FO et la CGC, ont refusé de se prêter à un exercice qui leur rappelle de piteux souvenirs. Ainsi, la CGT a rappelé à Emmanuel Macron : « Nous avons pu vérifier à maintes reprises que malgré l'opposition unanime du mouvement syndical à certaines réformes, comme l'assurance chômage par exemple, vous êtes passé outre. Cela a encore été le cas cet été lors de la loi sur le pouvoir d'achat où la question des salaires a été purement ignorée du texte malgré nos multiples propositions. » De son côté, la CGC qui a également décliné l'invitation, estime que « le CNR est un objet de communication, rien de plus. » Et Force Ouvrière ajoute que ce CNR « par son mode de fonctionnement et sa finalité risque également d’affaiblir la place et le rôle du Conseil économique, social et environnemental ».

Ce n'est donc pas parce que les syndicats se désintéressent des thématiques de ce CNR (le plein-emploi, l’école, la santé, le bien-vieillir et la transition écologique), qu'ils refusent d'y participer, mais bien parce que l'opération médiatique a un goût de déjà-vu.

Elle a des relents de grand débat national à l'époque de la crise des Gilets jaunes. Elle rappelle aussi la Convention citoyenne pour le climat. Mais que sont devenues les propositions citoyennes qu'Emmanuel Macron avait promis de traduire dans la loi ? 

Sorti juste avant les élections législatives du chapeau des communicants de l'Élysée, ce CNR se voulait être l’un des piliers de la prétendue « méthode nouvelle » de gouvernance d'Emmanuel Macron destinée à donner de la légitimité à des décisions qu’une Assemblée nationale presque tout acquise devait voter des deux mains. Mais voilà, les électeurs ont lourdement sanctionné la Macronie en privant Jupiter de la majorité absolue, l'obligeant à bricoler texte par texte des majorités avec la droite, voire avec les 89 députés d'extrême droite.

Ce Conseil national de la refondation apparaît bel et bien comme un outil de contournement des corps intermédiaires, du Parlement, mais aussi le CESE, pourtant troisième chambre de la République.

Quel crédit peut-on accorder à ce nouveau gadget censé moderniser la démocratie alors que dans le même temps sur la question énergétique qui réclame un vrai débat démocratique, Emmanuel Macron s'enferme dans un nouveau Conseil de défense énergétique aussi opaque et jupitérien que le Conseil de défense sanitaire ?

Si les absents du CNR ont un tort, ce n'est pas celui d'être naïfs.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
En France, une nouvelle menace plane sur Deliveroo
Déjà condamnée cette année, la plateforme de livraison de repas est à nouveau en « discussions » avec l’Urssaf, qui pourrait lui réclamer une ardoise potentiellement fatale. Le parquet de Paris étudie le versant pénal du dossier. L’entreprise a missionné Jean-François Copé et un administrateur judiciaire.
par Dan Israel
Journal
La COP biodiversité tentée par la marchandisation des écosystèmes
À la COP15 de la biodiversité de Montréal, qui s’ouvre le 7 décembre, les Nations unies pourraient promouvoir un mécanisme global de compensation des atteintes à la biodiversité par leur marchandisation. Un mécanisme illusoire et dangereux.
par Romaric Godin
Journal — Agriculture et alimentation
L’UE interdit l’importation de produits issus de la déforestation
Le Parlement européen et les États membres de l’Union européenne ont trouvé un accord dans la nuit de lundi à mardi pour interdire l’importation de plusieurs produits, comme le cacao, le café ou le soja, lorsqu’ils contribuent à la déforestation.
par La rédaction de Mediapart avec AFP
Journal
YouTube songe à sanctionner les vidéastes accusés de viol
Après l’ouverture d’enquêtes préliminaires pour viol visant deux célèbres créateurs de contenus, Norman et Léo Grasset, YouTube n’exclut pas de « prendre des mesures » pour sanctionner des comportements qui auraient eu cours en dehors de la plateforme.
par Yunnes Abzouz

La sélection du Club

Billet de blog
Playlist - Post-punk et variants
Blue Monday infini et températures froides bien en dessous de celles d'Ibiza en hiver. C'est le moment idéal pour glorifier le dieu post-punk et ses progénitures art rock ou dark wave, fournisseurs d'acouphènes depuis 1979. Avec Suicide, Bauhaus, Protomartyr, Bantam lyons, This heat, Devo, Sonic Youth...
par Le potar
Billet de blog
L'amour trouvera un chemin
Dans la sainte trinité du jazz, et sa confrérie du souffle, on comptait le Père (John Coltrane), le Fils (Pharoah Sanders) et le Saint-Esprit (Albert Ayler). Il est peu dire que le décès de Pharoah Sanders, le 24 septembre dernier, est une grande perte. L'impact de son jeu, du son qu'il a développé, de ses compositions et de sa quête vers la vérité, est immense.
par Arnaud Simetiere
Billet d’édition
2. B.B. King et la légende de Lucille
Il suffit d’avoir admiré son jeu tout en finesse et en agressivité contenue, d’avoir vécu l’émotion provenant du vibrato magique de sa guitare, d’avoir profité de sa bonhomie joviale et communicative sur scène, de son humilité, et de sa gentillesse, pour comprendre qu’il n’a pas usurpé le titre de King of the Blues.
par Zantrop
Billet de blog
Rap et théorie postcoloniale : sur « Identité remarquable » de Younès Boucif
« Un Arabe qui fait du rap y’a pas grand-chose d’original », rappait Younès dans « J’me rappelle ». Mais quid d’un Arabe qui rappe, joue (au cinéma, au théâtre), écrit des romans, manage et se fait parfois, à ses heures perdues, documentariste ? À l'occasion de la sortie de son album, retour sur la trajectoire d'un artiste aux talents multiples.
par Matti Leprêtre