Social : avis de gros temps

C'est une semaine sociale difficile qui s'ouvre pour Emmanuel Macron dont l'itinérance mémorielle d'avant 11 novembre a tourné à l'engueulade répétée chaque fois qu'il s'avançait pour serrer la pince des Français.

 

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Le social s'est invité sur son chemin... pas tant pour le rappeler à ses promesses, mais pour lui mettre sous le nez la dégradation bien réelle des conditions de vie des salariés comme des retraités. Alors bien sûr, on peut objecter que ces pseudo bains de foule ne sont là que pour permettre au chef de l'État de dérouler ses éléments de langage et se forger une image d'homme courageux qui n'hésite pas à affronter l'adversité. Il n'empêche Macron ne parvient plus à contenir le mécontentement, la colère et cela ne se vérifie pas seulement avec la mobilisation contre le prix des carburants le 17 novembre.

Macron réussit comme Nicolas Sarkozy avant lui à mettre par exemple dans la rue tous les syndicats de toutes les catégories et de tous les secteurs de l'Éducation nationale contre sa politique qui s'incarne désormais dans la réforme de Jean-Michel Blanquer ou dans le projet Cap 2022 piloté par Gérald Darmanin.

Ce 12 novembre, à la veille du débat parlementaire sur le budget de l'Éducation nationale, toutes ces organisations appellent les personnels à se mettre en grève et à manifester contre les suppressions de postes dans les collèges et lycées, contre la réforme de la voie professionnelle. Dans cette filière professionnelle, la réforme entend réduire le nombre d'heures d'enseignement, le ministre estimant qu'il y en a trop pour peu d'efficacité, « c'est-à-dire trop de dépense pour l'acquisition de compétences permettant d'entrer sur le marché du travail. On n'a plus besoin de former des citoyens, mais combler les trous du marché du travail », résument les neuf syndicats.Cette réforme Blanquer s'inscrit dans le droit fil de la vision macronienne du service public.

La réforme de la fonction publique conduite par Gérald Darmanin remet en cause les missions de service public qui participent de la cohésion sociale de notre pays, qui garantissent l’égalité d’accès aux services indispensables à la vie de la population. Et pour cela tout est bon : salaire au mérite, généralisation des contractuels, réductions d’effectifs, suppressions de missions, disparitions des instances représentatives des personnels sont au menu de la réforme Cap 2022. Cette déliquescence programmée et amplifiée des services publics est très largement contestée comme l'illustre les nombreux conflits qui affectent les établissements de santé. Moins d'emplois, des missions supprimées et dévoyées, une perte de sens du travail et une souffrance aiguë des personnels, c'est aussi ce qui sera au cœur de la mobilisation des personnels de Pôle emploi le 2 novembre prochain.

CFDT, CFTC, CGT, SNAP, SNU, SUD et UNSA appellent l'ensemble des agents de l’opérateur public à se mettre en grève contre la suppression de 800 équivalents temps plein annoncée pour 2019. Celles-ci s’ajouteraient à 297 équivalents temps plein et de 1 400 contrats aidés en 2018. « De telles suppressions de postes ne pourront pas se faire sans dégrader le service rendu aux demandeurs d'emplois et aux employeurs », redoutent les syndicats.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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