Chômage, retraite : arrêtons la casse

C'est un jeu malsain auquel se livre le gouvernement en soufflant le chaud ou le froid sur la remise en route de la réforme des retraites.

poingcasse

 

Ce week-end, à l'occasion de la Fête de l'Humanité, le porte-parole du gouvernement interrogé lors d'un débat l'opposant au secrétaire général de la CGT a affirmé que "certaines parties du projet" de réforme des retraites pourraient être mises en œuvre d'ici la fin du quinquennat, sous certaines "conditions". Quelques jours plus tôt Emmanuel Macron avait quant à lui acté que le projet, vu le temps restant d'ici la fin du quinquennat, ne pourrait pas être repris en l'état de 2019. La réforme des retraites, "on fera ça quand on tombera les masques" car "là on a d'autres priorités", a dit le chef de l'État lors d'un déplacement dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le mercredi précédent Jean Castex avait pour sa part évoqué "l'impérieux devoir de favoriser au maximum l'unité du pays", dans une allusion à l'opposition des syndicats et à la réticence de la majorité. Ces petites phrases en général abondamment reprises et commentées montrent que le gouvernement n'a plus les mains libres sur ce dossier. La mobilisation a empêché Macron de mettre en place sa réforme des retraites qui aurait fait chuter les pensions, en particulier celles des cadres.

Mais Jupiter n'a pas dit son dernier mot et persiste à entretenir le flou pour caresser dans le sens du poil l'électorat de droite. Ces atermoiements plus ou moins feints ne peuvent en revanche faire oublier la détermination du gouvernement et du patronat de faire appliquer au plus vite, c'est-à-dire au 1er octobre, la réforme de l'assurance chômage. Avec un argument très éclairant avancé par le numéro 2 du Medef, Patrick Martin, pour qui la réforme de l'assurance chômage "devrait faire revenir vers l'emploi un certain nombre de salariés et à partir de là réduire le déficit de l'assurance chômage". Un argument indécent qui n'a pas le lustre du neuf, tant le cliché du chômeur assisté et feignant est aussi vieux que l'assurance chômage elle-même. Il ne s’agit de rien de moins que forcer les travailleuses et travailleurs privés d'emploi à accepter n'importe quoi, à n'importe quelles conditions. Y compris pour les plus qualifiés de brader leurs compétences en acceptant par exemple des salaires de débutants.

C'est entre autres contre ces deux réformes qui mettent en pièces la protection sociale, mais aussi pour les salaires, l'emploi, le service public que la CGT (et son union générale des ingénieurs cadres et techniciens), FO, FSU, Solidaires appellent les travailleuses et travailleurs de toutes catégories à la mobilisation sur leur lieu de travail et à rejoindre les actions menées sur tout le territoire le 5 octobre prochain : https://ugictcgt.fr/5-octobre-2021/

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.