Chez Brut, Macron a annoncé du brutal

La réponse à la dernière question posée à Jupiter lors de son entretien avec les journalistes et la communauté de Brut le vendredi 4 décembre a été abondamment commentée. À la fois par la presse, mais aussi par des sources « proches du dossier ».

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Parce que Macron aurait fait planer un doute sur sa candidature à la prochaine présidentielle ? D'une certaine manière, peu importe que Jupiter rempile... là n'était pas le sujet. En revanche, ce que le chef de l'État a bel et bien annoncé, c'est qu'il entendait bien jusqu'au bout de son mandat réformer. C'est ce qu'il appelle « être dans l'action ». Il veut ainsi continuer à prendre les « décisions parfois dures, parfois impopulaires ». Et d'ajouter comme un présage ou une menace : « peut-être que je ne pourrai pas être candidat… peut-être que je devrai faire des choses dans la dernière année, dans les derniers mois qui seront dures parce que les circonstances l'exigeront ».

On l'aura donc bien compris, des réformes aussi impopulaires et combattues que celle des retraites ou de l'assurance chômage ne sont que temporairement gelées. Et Macron prévient dans cet épilogue de l'entretien à Brut que ce qui vient sera dur et impopulaire. Et qu'accessoirement il est prêt à risquer sa place pour finir le travail. Macron est prêt à risquer la confrontation sociale pour cela. Et pour mener cette offensive antisociale, il fourbit ses armes pour museler le mouvement social, les lanceurs d'alerte, la presse.

Non content de nous avoir fait renoncer à une part de nos libertés publiques contre un peu de santé rationnée, il veut avec la loi de sécurité globale, le nouveau schéma de maintien de l'ordre, banaliser et pérenniser la vie en état d’urgence. Sans vraiment convaincre, à en juger par les puissantes manifestations contre cette loi, amplifiées par la médiatisation des images de violences commises par les forces de l’ordre. Il veut nous vendre l’ultra-sécurité au mépris des libertés individuelles et collectives. Face à la peur du déclassement qui gagne du terrain, à la pauvreté qui s’étend, aux inégalités qui se creusent, au chômage et à la précarité qui gâchent tant de vies, à l’insécurité sociale qui taraude des millions de Français, Jupiter répond par une militarisation de la police.

La dérive ultra-sécuritaire justifiée prétendument par la protection « de ceux qui nous protègent » est le corollaire de l’hyper-rigidité, la surdité, le déni opposé aux expressions légitimes du mouvement social contre la loi travail, contre la réforme des retraites, contre la casse de l’emploi ou des services publics.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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