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Billet de blog 17 janv. 2022

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« On ne fait pas grève contre un virus » ...

Faut-il que Jean-Michel Blanquer soit borné pour ne pas avoir entendu depuis des mois la colère des acteurs de l'école et proférer cette ineptie à la veille d'un jeudi qui s'annonçait noir dans l'Education nationale ? Le ministre aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche.

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Jeudi dernier la mobilisation a été historique par son ampleur avec 75 % de gréviste à l’école, 62 % dans les lycées et collèges. Et que dire de la diversité des cortèges, qui ont réuni professeurs des écoles, enseignants du secondaire, assistants d’éducation, infirmières et médecins scolaires, assistantes sociales et associations de parents d’élèves et fait très notable : des chefs d’établissements et des inspecteurs académiques.

« Les personnels se sont largement mis en grève pour dénoncer leur état de fatigue et la dégradation de leurs conditions de travail face à la faillite de la gestion sanitaire ministérielle, mais aussi le mépris de leur ministre et le fait qu’aucune de leurs revendications portées depuis de très nombreux mois ne soit écoutée », s'est félicitée la CGT Educ'Action.

La première leçon qu'on peut tirer de cette mobilisation, c'est que quand tous les syndicats parlent d'une même voix, ça donne confiance et les salarié·es se mobilisent en nombre.

La deuxième, c'est que devant l'unité syndicale, la puissance de la mobilisation, Blanquer mange son chapeau, et le Premier ministre a été contraint de recevoir les syndicats et lâcher du lest. Mais il n'a pas pu siffler la fin de la récré ni mettre un terme à la contestation. Car, selon la CGT « s'il a reconnu l’exaspération de tous les personnels de l’Éducation nationale, la très forte mobilisation et la nécessité d’accéder à quelques exigences (comme les masques chirurgicaux ou FFP2), les quelques engagements pris ne peuvent pas nous satisfaire car ils sont trop flous ».  Ainsi, sur la question des moyens humains revendiqués de longue date, les recrutements sont encore insuffisants et provisoires. Car le ministère ne propose que de recourir à des personnels contractuels et seulement jusqu’en juillet. Rien à voir avec le plan d’urgence revendiqué notamment par la CGT Educ'Action avec « la création immédiate, massive et pérenne de postes de toutes catégories de personnel ».

C'est bien un énième protocole sanitaire absurde et inapplicable qui a mis tout le monde dans la rue. Mais c'est parce que l'école est à l'os comme l'hôpital est exsangue que les personnels et les parents d'élèves ont répondu en masse. Le gouvernement ne peut continuer à maltraiter ceux qui font l'école en les sous payant. Mais il n'a toujours pas répondu aux revendications salariales des personnels avec la perte abyssale subie depuis des années.

Parions donc que cette explosion de colère aura des suites et qu'elle nourrira la mobilisation nationale interprofessionnelle du 27 janvier prochain « pour exiger des augmentations de salaires et défendre les emplois et conditions de travail ». 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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