Social : un septembre orageux pour la Macronie

En titrant « La bataille contre la réforme des retraites est bel et bien lancée » et en proposant un sondage sur la question « Une convergence des luttes vous paraît-elle possible contre la réforme des retraites ? », le Figaro résume assez bien une situation potentiellement explosive sur ce dossier et sur d'autres questions sociales, économiques et environnementales.

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Si certains observateurs semblaient se féliciter d'un isolement voire d'une division des syndicats qui contestent la réforme telle qu'elle s'annonce, il faut bien se rendre à l'évidence : c'est un septembre orageux pour la Macronie.


Avec la grève massive le 13 septembre des agents de la RATP qui entendent défendre les spécificités de leur régime de retraite, la mobilisation des professions libérales réunies sous le collectif SOS Retraites pour sauver leur régime de retraite complémentaire, les appels à de premières mobilisations pour le 21 (FO) et le 24 septembre, nous sommes en effet entrés dans le vif du sujet.

Le quatuor Macron-Philippe-Buzyn-Delevoye a beau s'évertuer à communiquer, à tenter de diviser le champ syndical en choisissant ses interlocuteurs privilégiés (en l’occurrence la CFDT et l'Unsa invités à rencontrer le chef de l'Etat), rien n'y fait et même l'élasticité du calendrier de cette réforme majeure du quinquennat ne convainc pas des bonnes intentions de l'exécutif. Les sondages marquent une défiance de l'opinion. Celle-ci est nourrie par cette simple question à laquelle les propositions de Delevoye n'apportent aucune réponse ; «  à quel âge je vais pouvoir partir en retraite et quel sera mon niveau de pension. »


Mais la défiance sur la capacité du gouvernement à mener une réforme socialement juste s'enracine aussi dans le fort niveau de colère sur bien d'autres sujets. Les mobilisations de cet été chez les pompiers et dans les services d'urgence n'ont fait que s'amplifier. Mieux, les médecins ont rejoint les para-médicaux et les millions d'euros promis par Buzyn apparaissent comme des mesurettes homéopathiques dans le contexte d'une crise profonde de l'hôpital et du système de santé. Les urgences qui sont la porte d'entrée d'un hôpital asphyxié, sont aussi l'entonnoir par lequel affluent les conséquences des déserts médicaux.

Et voilà que ce 16 septembre ce sont aussi les agents des finances publiques qui se mobilisent pour défendre leurs missions qui sont indissociables d'une proximité territoriales de leurs services. Cette défiance à l'égard de l'exécutif, elle se nourrit également d'une sensibilité grandissante de l'opinion face à l'inaction de ce gouvernement face au dérèglement climatique. Au menu de ce septembre noir pour Macron l'appel de Greta Thunberg et des jeunes du monde entier relayé par 60 organisations écologistes et de défense des droits sociaux à faire « grève quel que soit notre âge pour mettre en pause l’espace d’une journée ce système économique ».


A ces luttes engagées, il convient d'ajouter l'exaspération grandissante des salariés qualifiés et en responsabilité, l'encadrement, vis à vis des réformes. La CGT de l'encadrement énumère ainsi le « plafonnement et dégressivité des indemnités chômage, dissimulation des effets du projet de réforme des retraites pour les ingénieurs, cadres et assimilés, blocage de la négociation sur l’actualisation du statut de l’encadrement » et affirme : « les cadres deviennent la tête de turc des politiques publiques et du Medef ».


Dans ce contexte d'exaspération sociale, les organisations syndicales ont un travail de conviction, de proposition et de mobilisation. L'union générale des ingénieurs cadres et techniciens de la CGT y prend sa part spécifique depuis des semaines en proposant décryptages, analyse et pistes de réforme.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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