Climat et justice sociale au cœur des mobilisations

Il s'est véritablement passé quelque chose les 15 et 16 mars avec les marches du Siècle et la grève des jeunes pour le climat. Quelque chose dont apparemment le gouvernement ne semble pas une fois encore avoir pris la mesure.

 

femmemegaphone

Certes il avait dépêché deux seconds couteaux pour faire des selfies avec les jeunes et donner le change, mais c'est bien la passivité et l'inaction de ce gouvernement comme des précédents que les jeunes sont venus dénoncer avec une maturité et un humour qui tranche avec la gravité de ce qui les préoccupe.

Le gouvernement par la voix du ministre de l'Éducation a tenté vainement de leur faire le coup des débats pour les contenir dans leurs établissements, mais ils n'avaient pas envie de se laisser expliquer qu'on peut sauver la planète en triant sa poubelle et en prenant une douche plutôt qu'un bain. Il y avait sur leurs pancartes et dans leurs paroles une remise en cause d'un système économique qui conduit le monde à sa perte. Et c'est cela qui a changé indubitablement dans les consciences.

Les marches du Siècle le lendemain samedi 16 portent aussi la marque de cette évolution profonde. Les manifestations ont voulu mêler justice sociale et climat, désormais préoccupations indissociables. Explosion des températures et explosion des dividendes vont de pair. Preuve encore que la macronie n'a rien compris à ce mouvement profond, Emmanuel Macron a encore traité par le mépris la plainte en justice déposée par les ONG qui veulent faire condamner l'État pour son insuffisance à agir contre le réchauffement climatique, renvoyant la solution à des changements de comportements individuels plus qu'à des décisions politiques. Macron, c'est en même temps taxer les carburants indispensables à la mobilité contrainte des Français et privatiser la SNCF pour mettre des bus sur la route et fermer les petites lignes.

Preuve toujours de la duplicité du discours de cette majorité LREM, vendredi 15 mars alors que les jeunes déferlaient dans les rues l'Assemblée a adopté un amendement à la loi Pacte. Il repousse de trois ans, à 2025, l'interdiction de la fabrication sur le sol français de pesticides vendus en dehors de l'Union européenne. Cela alors que l'interdiction en 2022 de la production, du stockage et de la vente de produits phytopharmaceutiques figurait dans la loi agriculture et alimentation (Egalim) en application depuis le début de cette année.


L'environnement, le climat ne sont clairement pas des préoccupations de ce président. Jusqu'à ce que la mobilisation citoyenne l'y contraigne. Mais pour l'heure Macron cherche seulement l'onction du suffrage universel sur sa seule posture de rempart contre l'extrême droite. Car ce n'est assurément pas avec les réponses aux enjeux environnementaux qu'il peut rallier les suffrages. En attendant il y a le feu et les citoyens commencent à dénoncer les incendiaires.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.