ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

246 Billets

0 Édition

Billet de blog 18 déc. 2017

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Assurance chômage : négociations sous fortes contraintes

C'est avec un peu de retard sur le calendrier annoncé de la réforme de l'assurance chômage que les syndicats ont été reçus le 13 décembre par le cabinet de Muriel Pénicaud. Premier acte d'un processus que le gouvernement veut rapide. Trop rapide pour être honnête.

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est ainsi que syndicats et patronat vont être invités à négocier dans un cadre très contraint (obligation de conclure pour fin janvier, un projet de loi rédigé en février et des thèmes encadrés par le gouvernement). Et si l'exécutif n'est pas satisfait, il se réserve encore la possibilité de ne pas retenir les sujets avec lesquels il serait en désaccord. Autrement dit, en cas de blocage entre le Medef et les syndicats sur un sujet tel que la lutte contre les contrats courts qui siphonnent l'Unedic, le chef de l'État n'exclue pas de reprendre la main.

On sait déjà que le ministère du Travail annoncera en janvier des mesures renforçant les sanctions contre les chômeurs, comme si la guerre aux chômeurs était la priorité pour sortir l'assurance chômage des ornières du déficit. Restent d'autres sujets tels que l'indemnisation des salariés démissionnaires sur laquelle Emmanuel Macron a déjà corrigé le tir de cette promesse de campagne en assortissant ce nouveau droit de quelques conditions.

Autre sujet l'ouverture de l'assurance chômage aux travailleurs indépendants sur lequel les syndicats de salariés craignent à juste titre que la promesse macronienne soit financée au détriment de la couverture chômage des salariés. Enfin, un autre sujet qui fâche, celui du recours aux contrats courts. Une large part du déficit de l'assurance chômage trouve son origine dans l'explosion de la précarité. La différence entre les allocations versées aux chômeurs en fin de CDD ou d’intérim et les contributions prélevées sur ces contrats coûte entre neuf et dix milliards d’euros par an à l’Unedic. Ces contrats courts sont de plus en plus adoptés par les entreprises. On comptait moins de 1,6 million de contrats d’un mois ou moins par trimestre en 2000 contre 3,9 millions début 2016. Une personne indemnisée sur deux l’est désormais consécutivement à la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim. « On ne peut pas accepter que le CDD soit devenu une règle dans 86 % des embauches, ni que la moitié des inscriptions à Pôle emploi soit consécutive à un CDD.

De même qu'il est insupportable que la situation financière de l'assurance chômage soit mise en danger par l'explosion du recours aux contrats précaires », assure Denis Gravouil, dirigeant de la CGT et négociateur pour l'assurance chômage.


Le sujet est très polémique et a même fait capoter le round de négociation de l'assurance chômage en 2016, le Medef refusant la proposition d'une sur-cotisation sur les contrats courts. Depuis, Macron a proposé un « bonus-malus ». La belle aubaine ! Pourquoi on offrirait un bonus à ceux qui ne détournent pas l'esprit du CDD. Pourquoi créerait-on un système qui permettrait aux entreprises d'optimiser en externalisant la précarité de l'emploi par le truchement de la sous-traitance ou grâce à des filiales ?


Pour l'heure, après la première concertation du 13 décembre, il semble que l'idée pourrait être abandonnée... du moins, « le bonus-malus n'a jamais été un objectif en soi », se défend l'entourage de la ministre du Travail, qui y verrait tout de même un « moyen puissant » pour réduire la précarité des personnes qui enchaînent les contrats précaires.

Muriel Pénicaud fait donc un petit pas de côté en rassurant le Medef : la notion de précarité serait limitée aux quelques secteurs où les employeurs embauchent « les mêmes personnes sous contrats de moins d’un mois de façon récurrente », soit 1 % de la masse salariale. Le gouvernement n’imposerait le bonus/malus qu’en cas de désaccord.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Sobriété : le gouvernement a un plan, mais qui pour l’appliquer ?
L’exécutif annonce de nombreuses mesures pour réduire la consommation d’énergie de 10 % d’ici à 2024. Mais presque tout est basé sur le volontariat et les moyens de mise en œuvre restent flous. 
par Jade Lindgaard
Journal
Pénurie de places en lycée technologique : des élèves « oubliés » ou forcés de redoubler
Des centaines d’élèves se sont retrouvés sans affectation à la rentrée, en particulier dans les classes STMG, filière négligée par les autorités depuis des années. Alors que des lycéens n’ont toujours pas d’établissement, le mutisme du rectorat nourrit un sentiment d’abandon.
par Névil Gagnepain (Bondy Blog)
Journal
« Shtar Academy » : sortie sous haute surveillance d’un album de rap enregistré par des détenus
Ce projet musical unique en son genre a permis à quatre détenus de la prison de Fresnes de travailler avec les plus grands noms du rap français. Un projet de réinsertion qui pourrait subir le contrecoup de la polémique déclenchée cet été autour d’une course de karting.
par Yunnes Abzouz
Journal — Justice
À Nice, « on a l’impression que le procès de l’attentat a été confisqué »
Deux salles de retransmission ont été installées au palais Acropolis, à Nice, pour permettre à chacun de suivre en vidéo le procès qui se tient à Paris. Une « compensation » qui agit comme une catharsis pour la plupart des victimes et de leurs familles, mais que bon nombre de parties civiles jugent très insuffisante.
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Nazisme – De capitaine des Bleus à lieutenant SS
Le foot peut mener au pire lorsque l’on a définitivement quitté les vestiaires par la mauvaise porte. La vie et la mort d’Alexandre Villaplane l’illustrent de la façon la plus radicale. Dans son livre qui vient de sortir « Le Brassard » Luc Briand retrace le parcours de cet ancien footballeur français devenu Allemand, officier de la Waffen SS et auteur de plusieurs massacres notamment en Dordogne.
par Cuenod
Billet de blog
Un chien à ma table. Roman de Claudie Hunzinger (Grasset)
Une Ode à la Vie où, en une suprême synesthésie, les notes de musique sont des couleurs, où la musique a un goût d’églantine, plus le goût du conditionnel passé de féerie à fond, où le vent a une tonalité lyrique. Et très vite le rythme des ramures va faire place au balancement des phrases, leurs ramifications à la syntaxe... « On peut très bien écrire avec des larmes dans les yeux ».
par Colette Lallement-Duchoze
Billet de blog
Suites critiques aux « Suites décoloniales ». Décoloniser le nom
Olivier Marboeuf est un conteur, un archiviste, et son livre est important pour au moins deux raisons : il invente une cartographie des sujets postcoloniaux français des années 80 à aujourd’hui, et il offre plusieurs outils pratiques afin de repenser la politique de la race en contexte français. Analyse de l'essai « Suites décoloniales. S'enfuir de la plantation ».
par Chris Cyrille-Isaac
Billet d’édition
Klaus Barbie - la route du rat
En parallèle d'une exposition aux Archives départementales du Rhône, les éditions Urban publient un album exceptionnel retraçant l'itinéraire de Klaus Barbie de sa jeunesse hitlérienne à son procès à Lyon. Porté par les dessins du dessinateur de presse qui a couvert le procès historique en 1987, le document est une remarquable plongée dans la froide réalité d'une vie de meurtres et d'impunité.
par Sofiene Boumaza