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Billet de blog 21 févr. 2022

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Les travailleur·euse·s sociaux·ales font bouger les lignes

L'annonce par Jean Castex ce vendredi 18 février de l'attribution, dès avril, d'une prime de 183 euros à quelques 140 000 travailleur·euse·s sociaux·ales, éducateurs et éducatrices ou assistant·e·s sociaux·ales, travaillant dans les secteurs de la protection de l'enfance ou de l'aide aux personnes vulnérables est évidemment une nouvelle importante.

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L'annonce par Jean Castex ce vendredi 18 février à l'occasion d'une "conférence des métiers de l'accompagnement du social et médico-social" de l'attribution, dès avril ,d'une prime de 183 euros à quelques 140 000 travailleur·euse·s sociaux·ales, éducateurs et éducatrices ou assistant·e·s sociaux·ales, travaillant dans les secteurs de la protection de l'enfance ou de l'aide aux personnes vulnérables est évidemment une nouvelle importante.

Ces professions pouvaient à juste titre se considérer comme les « oubliées du Ségur de la santé » qui avait abouti notamment à une revalorisation salariale d’au moins 180 euros nets par mois pour les personnels soignants non médecins des secteurs public et non lucratif. Cette annonce ne tombe pas du ciel. C'est bien la mobilisation de ces professions qui a commencé à faire bouger les lignes. On se souvient notamment de la très forte journée du 7 décembre 2021, marquée par des manifestations partout en France rassemblant plus de 55 000 personnes dont 8 000 à Paris.  Dans ces professions intermédiaires qualifiées à prédominance féminine, la question de la reconnaissance salariale, des qualifications, des responsabilités, de l'utilité sociale est posée depuis de nombreuses années et la colère a redoublé quand ces professionnelles ont été exclues du bénéfice des mesures du Ségur. Et c'est bien sous leur pression que Jean Castex flanqué d'un aréopage de ministres a été contraint vendredi d'annoncer ces mesures.

La prise de conscience tardive du gouvernement n'a rien à voir avec une conversion. Elle a naturellement quelque chose à voir avec le climat social de cette séquence politique dans laquelle la question salariale est devenue incontournable. Elle s'est invitée dans le débat politique puisque l'inflation rend encore plus insupportable l'austérité salariale, parce que l'opinion ne peut plus admettre que des professions indispensables et qualifiées ne soient toujours pas reconnues. Parce que l'enjeu de la reconnaissance des métiers à prédominance féminine apparaît comme un puissant levier pour rendre effective l'égalité salariale. Et elle s'impose au gouvernement comme aux collectivités et aux associations employeuses comme une nécessité pour stopper l'hémorragie qui plombe ces professions. Ainsi le chef du gouvernement a été contraint de reconnaître que ces professions souffrent, comme les soignant·e·s, d'une attractivité de plus en plus faible voire d'une désaffection inquiétante : de 15 % à 30 % des postes sont vacants, 70 % des employeurs rencontrent des difficultés de recrutement.

L'urgence est donc double : satisfaire les revendications salariales pour assurer, pérenniser et développer le service rendu aux populations et aux plus vulnérables.

Le gouvernement et les entreprises n'en ont pas fini avec les exigences salariales. Elles s'annoncent comme le ciment puissant de l'unité des prochaines dates de mobilisation les 8 et 17 mars.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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