ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

244 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 mars 2021

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Confiné.es dehors

La créativité bureaucratique sans limite d'un gouvernement et d'une technocratie hors-sol a, une nouvelle fois ces jours derniers, offert le navrant visage de l'absurdité kafkaïenne.

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 L'attestation de sortie de deux pages, avec ses motifs incompréhensibles ; a déclenché tant de railleries de colère sur les réseaux sociaux, que le gouvernement a d'abord balbutié avant de rétropédaler, et finalement nous demande de ne nous munir que d'un justificatif de domicile. Le nom même de ce troisième confinement a fait débat depuis le point de presse de Jean Castex jeudi dernier, au point que certains l'ont résumé par une sorte d'oxymore : « confinés dehors ».

 Encore une belle injonction aussi contradictoire que savante. Alors qu'il y a quelques mois les mêmes nous expliquaient pourquoi il ne fallait pas sortir, pourquoi les parcs étaient fermés, pourquoi se promener à la campagne ou sur les plages était d'une irresponsabilité coupable … et punissable de 135 euros d'amende.

 Cette affaire révèle encore une fois que la France mène la guerre déclarée par Emmanuel Macron au Covid avec des sabres de bois et des phrases creuses. Dans le genre, la députée Aurore Berger a excellé sur France 5 le soir même de l'allocution de Jean Castex, en pariant que ceux qui dénoncent aujourd'hui la pénurie de vaccin accuseraient en juillet le gouvernement d'en avoir trop acheté. On est en plein délire.

 Cette guerre de communication est d'autant plus insupportable qu'elle ne sert qu'à masquer l'inanité et l'échec de la politique de santé publique désormais révélés par cette pandémie, à masquer la faillite patente de la campagne de vaccination.

 La pitoyable comédie de Jean Castex se faisant administrer l'AstraZeneca pour nous faire la démonstration qu'il n'y a rien à redouter de ce vaccin a fait le buzz. Comme si la question était de nouveau de convaincre les citoyens de se faire vacciner, alors que nous sommes des millions à n'attendre que cela pour vivre à nouveau pleinement. Parce que nous le devons aux plus jeunes, dont on flétrit la fleur de l'âge par des restrictions iniques et ineptes, ces milliers d'étudiant.es privé.es d'étudier, de travailler parce qu'il faut protéger leurs grands-parents. Nous le devons aux soignant.es qui n'en peuvent plus. Nous le devons aux salarié.es, dont on a découvert à quel point ils et elles nous sont indispensables. Nous le devons à tous celles et ceux dont les chances de guérison s'amenuisent à mesure que les hôpitaux ne traitent plus rien d'autre que le Covid.
Bref, on le doit à toute la population qui n'en peut plus de ces mois de disette sociale, de ce sevrage de culture, de plaisirs simples. Seule la vaccination massive de la population peut nous sortir de l'ornière. Pour y parvenir, non seulement en France mais sur toute la planète, il faut rendre publics les brevets des vaccins, il faut en accroître les capacités de production, il faut permettre l'accès à tous les vaccins disponibles et ne plus en faire des enjeux géopolitiques. L'organisation de la rareté, de la pénurie, font de ces vaccins une source indécente de profits, une nouvelle source d'inégalités Nord-Sud. Sur ce sujet, la macronie s'est mise à l'unisson de la communauté en refusant à Bruxelles que l'Europe prenne l'initiative de mettre ces vaccins élaborés avec de l'argent public dans le domaine public.

 Et il faut aussi préparer l'avenir en tirant dès à présent les leçons de cette pandémie. Ce que ne fait pas le gouvernement. En dépit de la crise sanitaire, il continue sa politique de suppression de lits, de capacités hospitalières.

 S'il faut quatre ans pour former les soignant.es qui permettent d'armer un lit de réanimation, qu'attend-t-on pour rendre les métiers du soin attractifs ? Qu'attend le gouvernement pour préparer la prochaine pandémie ? Pour mettre à niveau l'hôpital, organiser la médecine de ville, améliorer la santé primaire par la prévention, notamment au travail.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Qatar : le Mondial de la honte
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique
Journal — L’argent libyen de Sarkozy

À la Une de Mediapart

Journal — Extrême droite
Le jour où le post-fascisme a pris le pouvoir en Italie
Le parti de Giorgia Meloni a largement dominé les élections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorité absolue au Parlement. Le résultat de décennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoyés tous les mouvements politiques de la péninsule.
par Ellen Salvi
Journal — Europe
« La droite fasciste n’a jamais disparu de la société italienne »
L’historienne Stéfanie Prezioso explique ce qui a rendu probable l’accès d’une post-fasciste à la tête du gouvernement italien. De Berlusconi en « docteur Frankenstein » au confusionnisme propagé par le Mouvement Cinq Étoiles, en passant par le drame des gauches, elle revient sur plusieurs décennies qui ont préparé le pire.
par Fabien Escalona
Journal — Moyen-Orient
Des Russes désertent vers la Turquie pour ne pas « mourir pour Poutine »
Après que le président russe a décrété la mobilisation partielle des réservistes pour faire face à la contre-offensive de l’armée ukrainienne, de nombreux citoyens fuient le pays afin de ne pas être envoyés sur le front. 
par Zafer Sivrikaya
Journal — Politique
La justice dit avoir les preuves d’un « complot » politique à Toulouse
L’ancienne députée LR Laurence Arribagé et un représentant du fisc seront jugés pour avoir tenté de faire tomber une concurrente LREM à Toulouse. Au terme de son enquête, le juge saisi de cette affaire a réuni toutes les pièces d’un « complot » politique, selon les informations de Mediapart.
par Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Les sulfureuses éoliennes de la baie de Saint-Brieuc en débat
[Rediffusion] A l’initiative d’Ensemble ! deux débats ont été organisés les 24 et 25 septembre autour du projet de parc éolien dans la baie de Saint-Brieuc. En voici le compte rendu vidéo, avec mon intervention, présentant mes enquêtes sur Mediapart, et les prises de parole de Katherine Poujol (responsable de l’association « Gardez les caps !) ou encore de Lamya Essemlali (présidente de Sea Shepherd France).
par Laurent Mauduit
Billet de blog
Le gigantisme des installations éoliennes offshore en Loire Atlantique et en Morbihan
Un petit tour sur les chemins côtiers en Loire Atlantique et en Morbihan pour décrire et témoigner du gigantisme de ces installations offshores, de la réalité de l'impact visuel, et de quelques réactions locales.
par sylvainpaulB
Billet de blog
L’éolien en mer menacerait la biodiversité ?
La revue Reporterre (par ailleurs fort recommandable) publiait en novembre 2021 un article auquel j’emprunte ici le titre, mais transposé sous forme interrogative … car quelques unes de ses affirmations font problème.
par jeanpaulcoste
Billet de blog
Éolien : vents contraires !
[Rediffusion] Mal aimées parmi les énergies renouvelables, les éoliennes concentrent toutes les critiques. La région Provence Alpes-Côte d'Azur les boycotte en bloc sans construire d'alternatives au « modèle » industriel. le Ravi, le journal régional pas pareil en Paca, publie une « grosse enquête » qui ne manque pas de souffle...
par Le Ravi