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Billet de blog 23 avr. 2018

Macron pense coagulation, opposons lui nos convergences

L'aspiration à faire converger les mobilisations qui se mènent partout dans le pays sur des sujets, des secteurs, des professions du public comme du privé, ne serait-elle que la lubie d'une CGT qui serait en difficulté ?

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C'est ce que tentent de faire croire éditorialistes libéraux, laudateurs de la pensée unique, pédagogues des réformes et spécialistes autoproclamés du mouvement social. C'est aller vite en besogne, car cette aspiration à être plus nombreux, « ensemble et en même temps » face à des attaques cohérentes est largement partagée par ceux qui se mobilisent.

Les salariés aspirent non seulement à l'unité syndicale, mais aussi à faire front avec d'autres professions tout aussi concernées. La convergence des luttes leur fait peur. Elle suscite même une morgue et un mépris que Macron a exprimé lors de son entretien en récusant l'idée d'une « coagulation ». Un terme assez négatif qui ferait penser à la recette du boudin... et qui renvoie pourquoi pas à l'eau de boudin.


Hélas, il faut aussi constater que la « convergence » n'est pas une option envisageable par toutes les organisations syndicales, à l'image de la CFDT qui par la voix de son secrétaire général la récuse comme un mot d'ordre politique estimant qu'elle « ne fonctionne pas ». Une prescience assez surprenante alors qu'on célèbre le cinquantième anniversaire du dernier et plus grand mouvement social qu'ait connu notre pays. Deux mois de mai et juin 1968 qui ont commencé et se sont poursuivis par la convergence du mouvement étudiant et des salariés. Un mouvement qui a déverrouillé une société étouffante et permis des avancées sociales et sociétales essentielles. Un mouvement revendicatif qui s'est décliné dans des négociations d'entreprises et de branches pour des conquêtes spécifiques.


La convergence des mobilisations, c'est autre chose que la négation des particularités revendicatives, c'est aussi l'inverse de la grève par procuration. C'est au contraire offrir à ces mobilisations un espace, de l'air pour s'exprimer et c'est aussi faire la démonstration de la cohérence des réformes. Bien sûr qu'une aide-soignante d'un Ehpad, ça n'est pas un conducteur du Fret de la SNCF, mais ce n'est pas un gros mot, pas plus que ça n'est une démarche politique ou politicienne que de dire que ces deux salariés ont en commun de s'affronter à la même logique libérale qui vise à d'abord dénaturer, dévaloriser leur travail pour mieux le privatiser et en tirer le plus grand profit.

Et qu'ils ont tout à gagner l'un et l'autre à se retrouver ensemble et en même temps dans la rue ou dans toute autre forme de mobilisation. Ce n'est pas parce que Macron saucissonne, segmente, divise, oppose, que sa folie réformatrice n'est pas d'une cohérence implacable. La responsabilité du syndicalisme, c'est de mettre en lumière cette cohérence et de lui opposer des réponses revendicatives puissantes, rassembleuses, cohérentes et définies démocratiquement avec les salariés.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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