ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

233 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 janv. 2022

Les salaires s'invitent dans le débat présidentiel

Alors que certains s'entêtent à enliser la campagne présidentielle dans les thématiques de la sécurité, de l'identité, du nationalisme ethnique, de l'immigration, les questions sociales ne cessent de vouloir se faire une place dans le débat public.

ugictcgt
CGT Ingés Cadres et Techs
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les mobilisations pour les salaires ne cessent de grandir dans une configuration de plus en plus unitaire dans l'industrie, le commerce, la distribution ou les services, dans les organismes de Sécurité sociale ou encore dans la fonction publique des trois versants. La grève du 13 janvier dans l'Éducation nationale a été d'une ampleur inédite, rassemblant tout l'arc syndical, toutes professions confondues, portant à la fois la question des moyens et celle des salaires. Et voilà que se profile la journée nationale interprofessionnelle du 27 janvier qui fera des salaires la revendication centrale.

Dans un contexte d'inflation qui s'annonce durable, il est inacceptable que les salaires ne suivent pas. Cela vaut naturellement pour les plus bas d'entre eux, comme pour les retraites et pensions, mais cela vaut aussi pour les cadres, ingénieurs, professions intermédiaires dont les salaires ont baissé depuis 20 ans.

C'est ce qu'affirme la CGT des ingénieurs, cadres et techs en s'appuyant sur les données de l'Insee.  L'Ugict-CGT avance 4 bonnes raisons de se mobiliser le 27 janvier pour l'augmentation des salaires. « Le poids des primes dans le salaire, volatiles en fonction de la conjoncture économique, fragilise la rémunération des cadres et assimilés qui baisse dans les périodes de récession », assure l'organisation syndicale spécifique. « La sous-rémunération du travail qualifié induit en outre une désaffection vis-à-vis des métiers de la santé, de l’ingénierie et de la recherche ainsi qu’une fuite des cerveaux qui compromet la réponse aux besoins fondamentaux de la population. La revalorisation de la rémunération de la qualification est donc indispensable au bien commun. »

À cette colère sociale sur les salaires, la droite comme le gouvernement sont d'accord pour continuer à opposer le salaire net au salaire brut , quitte à assécher et détricoter le modèle de protection sociale de notre pays. Nous n'avons rien à gagner, tout au contraire, à cette multiplication des exonérations sociales qui siphonnent les comptes sociaux.

Dans ce contexte de forte ébullition sociale, le rapport d'Oxfam sur les inégalités mondiales, publié la semaine dernière, a apporté de l'eau au moulin des organisations syndicales qui ferraillent pour un autre partage de la richesse. On y apprend ainsi que les milliardaires français ont augmenté leur fortune de 86 % de mars 2020 à octobre 2021, tandis que 7 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire pour vivre, et 4 millions de personnes supplémentaires sont en situation de vulnérabilité à cause de la crise. « Avec les 236 milliards supplémentaires engrangés en 19 mois par les milliardaires français, on pourrait quadrupler le budget de l’hôpital public ou distribuer un chèque de 3500 euros à chaque Français.e », insiste Oxfam.

Ce rapport met clairement en évidence que ces richesses accumulées sont le fruit d'une spoliation du capital sur le travail, d'un pillage des ressources publiques. On est très loin de la fumeuse théorie du ruissellement, déclinée par Emmanuel Macron sous le vocable des « premiers de cordée ». Le bilan de ce quinquennat est de ce point de vue une véritable catastrophe. Et non seulement les super-riches n'ont pas été affectés par la crise sanitaire, mais en plus ils en ont insolemment profité.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser. 
par Romaric Godin
Journal
Électricité et gaz : les salaires mettent le secteur sous haute tension
Appel à la grève dans le secteur des industries électriques et gazières, le 2 juin prochain, pour réclamer des revalorisations de salaires indexées à l’inflation. Chez RTE, gestionnaire du réseau électrique français, un mouvement social dure depuis déjà depuis treize semaines.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Migrations
À Lviv, la bataille du logement pour les réfugiés et leurs aidants
Dans cette ville de l’ouest de l’Ukraine, qui compte près de 300 000 déplacés internes, le prix des locations a fortement augmenté. Résultat : les volontaires doivent payer toujours plus cher pour se loger, tandis que la ville est contrainte d’installer des préfabriqués pour y héberger les réfugiés.
par Nejma Brahim
Journal — France
Législatives : dans le Sud, le pas de deux des identitaires et du RN
À Nice, Menton et Aix-en-Provence, trois figures des identitaires se présentent aux élections législatives sous les couleurs d’Éric Zemmour. Le RN présente face à eux des transfuges de la droite et fustige leur radicalité, alors qu’ils étaient membres du parti quelques mois plus tôt.
par Lucie Delaporte

La sélection du Club

Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
Ndiaye et Blanquer : l'un compatible avec l'autre
« Le ministre qui fait hurler l'extrême droite », « l'anti-Blanquer », « caution de gauche »... voilà ce qu'on a pu lire ou entendre en cette journée de nomination de Pap Ndiaye au ministère de la rue de Grenelle. Beaucoup de gens de gauche qui apprécient les travaux de M. Ndiaye se demandent ce qu'il vient faire là. Tentons d'y voir plus clair en déconstruisant le discours qu'on tente de nous imposer.
par Jadran Svrdlin
Billet de blog
Déblanquérisons l'École Publique, avec ou sans Pap Ndiaye
Blanquer n'est plus ministre et est évincé du nouveau gouvernement. C'est déjà ça. Son successeur, M. Pap Ndiaye, serait un symbole d'ouverture, de méritocratie... C'est surtout la démonstration du cynisme macronien. L'école se relèvera par ses personnels, pas par ses hiérarques. Rappelons ce fait intangible : les ministres et la hiérarchie passent, les personnels restent.
par Julien Cristofoli
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN