Services publics : une réforme idéologique

Dans quelques jours, le 4 juin, cheminots d'une part, fonctionnaires et agents publics d'autre part, avec des actions les 27, 28 et 29 mai, sont appelés par des intersyndicales larges à se mobiliser, y compris par la grève, et à manifester.

 

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Les premiers pour s'opposer aux conséquences de la mise en œuvre de la réforme du rail qu'ils ont combattue dans leur grand mouvement social en 2018, les seconds pour s'opposer au projet de réforme de la Fonction publique qui attaque directement les agents et les missions de service public. Dans les deux cas, les salariés du chemin de fer comme ceux des services publics s'opposent à une offensive libérale totalement assumée par le pouvoir macroniste.


La réforme de la fonction publique proposée par le gouvernement aujourd’hui, aurait les mêmes effets que celles que subissent personnels et usagers des secteurs soumis à la concurrence depuis plusieurs années. Modifier en profondeur les services publics, leur gestion et leur fonctionnement en les alignant sur le privé et, in fine, en lui transférant massivement missions, réseaux, infrastructures, activités en transformant les citoyens en usagers captifs. Tout cela emballé dans un discours qui culpabilise les agents publics, qui en fait les boucs émissaires des déficits publics. En s’attaquant au statut de la fonction publique, le gouvernement renonce à un modèle de société fondé sur une intervention publique forte au service de l’intérêt général et du progrès social.


Cette logique est mortifère car elle va accélérer les ruptures, amplifier les inégalités sociales et territoriales amplement mises en évidence ces derniers mois par le mouvement social le plus long qu'ait vécu notre pays ces dernières décennies. Cette politique dont des millions de citoyens ont à souffrir quotidiennement est de plus en plus vivement contestée. On l'a vu au travers du mouvement des Gilets jaunes, mais on le constate aussi au travers d'une série de mobilisations. Ainsi, les professionnels de la petite enfance étaient en grève et manifestaient le 23 mai à l'appel du collectif « pas de bébés à la consigne » contre la réforme de la loi fixant les conditions des modes de garde, tandis que les mouvements de grève se multiplient à l'hôpital public.

Cette contestation du modèle de société dont Macron accélère la montée en puissance peut encore grandir. C'est même une nécessité urgente. Nous pouvons par exemple faire reculer l'exécutif sur son projet de privatiser Aéroports de Paris. Une privatisation dont tout le monde, exceptés les « marcheurs » dénonce le caractère idéologique.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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