En revenant de Davos...

«Nous sommes à la croisée des chemins : l'ancien monde est mort, le nouveau monde émerge et, pour toutes les nations, doit conduire à construire un nouveau capitalisme plus responsable et équitable », a prophétisé Bruno Le Maire au forum de Davos où il a plaidé pour « un système fiscal international plus juste ».

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Mais de retour à Paris, si Bruno Le Maire, s'est déclaré sur France Inter "ouvert" à une réduction de la TVA - une revendication au cœur du mouvement social pour ce qui est des produits de première nécessité-, il a néanmoins déroulé les éléments de langage de son patron pour ce qui touche à l'impôt sur la fortune. « L'ISF existe depuis des années, il n'a pas permis d'endiguer la pauvreté dans notre pays, il n'a pas permis de réduire le chômage ».

Ainsi donc, se déclarant "ouvert à toutes les propositions" qui sortiraient du grand débat, le grand argentier serait prêt à envisager une TVA à 0% sur certains produits de première nécessité, mais encore faudrait-il que ces derniers correspondent réellement aux dépenses des ménages. Mais il faut écouter Bruno Le Maire jusqu'au bout car il dit aussi et surtout : "Je suis tout à fait prêt à ce que nous allions beaucoup plus loin dans la baisse des impôts, mais dans ce cas-là, il faut aller beaucoup plus loin dans la baisse de la dépense publique".

C'est clair, le grand débat national n'est pas qu'un simple exutoire pour des Français en mal de démocratie directe, Il n'est pas non plus un gadget pour gagner du temps et désamorcer la crise. C'est une grande opération qui, in fine, doit permettre moyennant quelques aménagements de poursuivre le programme. On en change pas de ligne, on s'adapte, on modifie le tempo, mais on garde le cap. Et celui de la réduction de la dépense publique est véritablement mortifère.


Pendant qu'on nous fait croire que l'avenir politique du premier ministre pourrait se jouer à l'issue du grand débat sur la fin de la limitation de vitesse à 80 kmh défendue par Edouard Philippe, Bruno Le Maire a rassuré les grands de ce monde à Davos en confirmant la poursuite des réformes des retraites, de l'assurance-chômage et du service public. Et il a aussi réaffirmé que la loi Pacte permettra d'importantes privatisations concernant ADP, Engie et la Française des Jeux. Les fondamentaux du macronisme restent intangibles.

A Davos on amuse la galerie avec des vœux pieux tandis qu'à Paris on travaille à saper ce qui reste du modèle social français.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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