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Billet de blog 28 sept. 2021

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Sortir les salaires de l'ornière du low-cost

Tout pousse en cette période à reposer la question des salaires. Et ce n'est pas par simple habitude que les organisations syndicales qui appellent à la mobilisation et à la grève le 5 octobre ont placé les salaires en tête de leurs exigences.

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C'est qu'il est urgent de déverrouiller les fiches de paie. Car la croissance économique est là et la profitabilité des entreprises soutenues par les mesures du « quoi qu'il en coûte » est de retour. L'Insee n'annonce-t-il pas pour le deuxième trimestre 35,4% de taux de marge des entreprises ? Ces chiffres sont inédits depuis plusieurs décennies et sont par ailleurs confirmés par les 60 milliards d'euros de profits réalisés au premier trimestre par les entreprises du CAC40.

Dans ce contexte de reprise, gouvernement et patronat ont quelque peu saturé l'actualité sociale de la rentrée en se chamaillant avec des sabres de bois sur les salaires. On a vu Bruno Le Maire tenter de déborder Geoffroy Roux de Bézieux sur sa gauche en déclarant à l'université d'été du Medef que le « travail doit payer ». Et pas plus tard que ces derniers jours, c'est la ministre du Travail qui en rajoutait une louche en demandant que les branches professionnelles dont les salaires démarrent encore sous le SMIC se mettent en règle. Injonctions vaines et creuses alors même que depuis des années des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs sont toujours payés sous le SMIC. Un SMIC auquel le gouvernement refuse toujours de donner un sérieux coup de pouce.

S'ils s'écharpent mollement sur les salaires, l'exécutif et le Medef s'accordent en revanche à promouvoir intéressement, participation, épargne salariale, primes, actionnariat salarié... Bref parler de tout, sauf du salaire. Ou alors, ils ne veulent entendre parler que du salaire net et s'accordent là-aussi pour étendre les exonérations sociales et fiscales. Ce faisant, ils siphonnent allègrement les recettes de notre système social et transforment le Smic en « plancher collant ».

Le gouvernement a beau jeu d'exhorter les entreprises à augmenter les salaires quand il se refuse à augmenter le SMIC, au-delà de la revalorisation automatique en raison d’une inflation supérieure à 2 % au 1er octobre. Et quand il persiste dans son refus de dégeler le point d'indice des fonctionnaires. Un SMIC insuffisant pour vivre, pour les travailleuses et travailleurs de la première ou de la deuxième ligne. Un SMIC qui tire les grilles de salaires du privé comme du public vers le bas pour toutes et tous.

La question salariale ne saurait se résumer aux bas salaires pas plus qu'elle ne concernerait que les salariés sans qualifications comme on l'a vu encore ce week-end avec la grève des sages-femmes qui revendiquent elles aussi d'être mieux reconnues pour leurs compétences, leurs responsabilités, leur rôle social. On voit aussi à quel point les bas salaires cumulés à des conditions de travail difficiles peuvent nuire à l'attractivité de métiers essentiels à nos vies.

« Une hausse des salaires remplirait mécaniquement, via la fiscalité et les cotisations, les caisses de l’État et la protection sociale », plaide la CGT qui rappelle que les salaires sont aussi « un levier de croissance alors que la consommation représente plus de 50% du PIB ». Dans un tel contexte économique plus favorable, alors que le sentiment d'injustice, de déclassement est largement partagé, on ne peut plus se contenter de saupoudrage, de mesures cosmétiques. Il faut sortir les salaires de l'ornière du low-cost, faute de quoi, le monde d'après perpétuera celui d'avant.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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