Finalement... on va faire comme j'ai dit

Les Français n'attendaient pas grand-chose du grand débat national qu'ils ont surtout perçu comme une vaste opération de communication, mais en revanche ils attendaient un changement de politique économique et sociale.

 

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Les annonces d'Emmanuel Macron distillées dans la presse, puis commentées par le chef de l'État les ont-ils convaincus ? Rien n'est moins sûr. Si Emmanuel Macron a fait une nouvelle fois son mea culpa en reconnaissant « avoir fait des erreurs » et en promettant de modifier sa manière de gouverner, 63 % des Français n'ont pas été convaincus par sa prestation.

Macron nous a dit qu'il a beaucoup appris sur la vie des plus humbles et qu’il regrette d'avoir été blessant à l'égard de certains. Mais en une heure d'un laborieux monologue, le ton était donné : on ne change rien. Mieux on ne change surtout pas une politique qui ne manquera pas de produire ses effets. Et Macron de nous expliquer que beaucoup a été fait, que le gouvernement travaille bien et que tout va bien. Le chef de l'État a saupoudré son discours de quelques « mesurettes » telles que baisse d'impôt ou indexation des retraites, ou encore une aide au recouvrement des pensions alimentaires pour les familles monoparentales, mais rien sur les salaires. De quoi faire illusion sans véritablement répondre à la crise sociale qui secoue le pays.

Macron a déroulé son programme. Il poursuit et accélère ses réformes. Ainsi, alors que les Français demandent plus de service public, on va leur mettre une « maison des services » dans chaque canton pour les aider à remplir leur déclaration de revenus ou à toucher les aides de la CAF. Mais c'est un pansement sur une jambe de bois. Ce que les citoyens demandent, c'est un vrai service public, une présence de l'État, des réseaux, des hôpitaux, des écoles, des trains... de l’aménagement du territoire. Pas des rustines collées çà et là dans des déserts.


Si Macron persiste et signe, il a néanmoins dû donner quelques gages insuffisants et flous sur les fermetures d'écoles (mais pas les fermetures de classes) par exemple. Sa volonté affichée d'« assurer l'accès aux services publics à moins de 30 minutes » et de déployer plus « de monde sur le terrain » pour « apporter des solutions » est incompatible avec la doxa libérale de réduction des dépenses publiques qu'il n'entend pas remettre en cause. S'il ne fait plus de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires un objectif, il n'ambitionne pas pour autant d'accéder aux revendications des agents publics de renforcer les moyens humains au service des missions publiques.

Ce renoncement à cet objectif de réduction du nombre de fonctionnaires est à mettre au crédit de leurs mobilisations unitaires et des nombreux mouvements revendicatifs de la dernière période, mais on voit bien qu'il en faudra plus. Et de ce point de vue, le 1er mai doit être un temps fort.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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