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Billet de blog 29 août 2022

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De quel surplomb nous regarde Emmanuel Macron ?

En préambule du Conseil des ministres de rentrée, mercredi 24 août, le président de la République a pris un air grave devant les caméras de télévision invitées exceptionnellement pour nous dire qu'au « fond, nous vivons la fin de l’abondance, la fin des évidences et la fin – pour ceux qui en ont encore – d’une forme d’insouciance. » De quoi ou de qui nous parle donc E. Macron ? Des ménages qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois ? 

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En préambule du Conseil des ministres de rentrée, mercredi 24 août, le président de la République a pris un air grave devant les caméras de télévision invitées exceptionnellement pour nous dire qu'au « fond, nous vivons la fin de l’abondance, la fin des évidences et la fin – pour ceux qui en ont encore – d’une forme d’insouciance. (…) C’est la fin des produits qui nous paraissaient perpétuellement disponibles (…) la rareté réapparaît, comme avec l’eau. »

Abondance, insouciance ? On a bien entendu ? De quoi ou de qui nous parle donc E. Macron ? Des ménages qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois ? De ceux qui se font recaler par leur banque quand ils veulent acheter leur logement ? De ceux qui sont contraints de prendre n'importe quel emploi pour survivre ? De ces millions de Français qui ne sont pas partis cet été ?

En fait non. Emmanuel macron, qui a surtout brillé pour son inaction climatique, vient de comprendre après un été meurtrier ce que les scientifiques du GIEC nous prédisent depuis trente ans. Un demi-siècle après la publication du rapport Meadows pour le club de Rome en 1972, Emmanuel Macron, vient nous expliquer l’impossibilité d’une consommation infinie dans un monde aux ressources limitées. Et il nous prévient donc pauvres inconscients des dangers, consommateurs impénitents, que les temps à venir vont être durs et qu'il nous faudra faire des sacrifices. 

Les mots ont un sens et ils résonnent. Comment ose-t-il parler d'insouciance alors que notre pays a connu coup sur coup la crise des Gilets jaunes, le mouvement social contre la réforme des retraites, deux années de crise sanitaire et maintenant une inflation inégalée depuis des années... De quel surplomb nous regarde-t-il alors que 68 % des Français.es « anticipent une rentrée agitée, sous le signe de mouvements sociaux d’ampleur », révèle le sondage réalisé par Viavoice pour Libération. « La question sociale est sur toutes les lèvres », indique l'enquête.

Emmanuel Macron a-t-il bien perçu l’inflammabilité de cette rentrée ? Réforme de l’assurance chômage, réforme des retraites, revendications salariales, système de santé en crise majeure, rentrée scolaire calamiteuse : les dossiers sociaux les plus explosifs sont réunis.

Loin de l'insouciance, la reprise du travail se fait sur fond de fatigue et le ras-le-bol largement ressenti par les travailleuses et travailleurs. Et c'est dans ce contexte que le gouvernement entend remettre à l’ordre du jour la réforme des retraites et s'échine, comme avec la loi sur le pouvoir d'achat voté cet été, à prendre des mesures générales pour garantir des hausses de salaire pour toutes les catégories. Car même les salarié.es qualifié.es et en responsabilités sont touché.es. Ainsi, « ces derniers mois les salaires des cadres et professions intermédiaires ont plus baissé en euros constants que ceux des autres travailleurs ses : -2,7 % en un an pour les cadres et professions intermédiaires, -2 % pour l’exécution », assure l'Ugict-CGT en s'appuyant sur les chiffres du ministère du Travail (DARES).

Au dossier salaire, vient aussi se greffer en cette rentrée la réforme de l’assurance-chômage qu’Emmanuel Macron entend faire passer dès cet automne afin de moduler les règles d’indemnisation des chômeurs en fonction de la conjoncture économique.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Ce billet est également disponible chaque semaine en podcast "Cadres Infos" sur https://ugictcgt.fr/documents/podcast/ et sur toutes les grandes plateformes de streaming.

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