Jean-Pierre Santini se réalimente, le combat pour sa libération continue

En grève de la faim depuis son arrestation le 6 octobre dernier, l’écrivain Jean-Pierre Santini, détenu à Fresnes, a décidé de se réalimenter afin de « continuer le combat en préservant ses facultés physiques et intellectuelles ». L’operata pour sa libération sous contrôle judiciaire se poursuit.

C’est Marie Santini, la fille de l’écrivain, qui a livré cette encourageante nouvelle sur le réseau social FB ce 31 octobre:

« Comme vous le savez, mon père a entamé une grève de la faim au matin du 6 octobre, jour de son interpellation au village.
Cette grève de la faim est pour lui un acte politique et une réaction profonde au traitement qu’il subit et qu’il vit comme une atteinte à tout ce qu’a été sa vie jusqu’à présent et à son idéal militant.
Cependant, pour la défense de ses convictions et par respect à l’égard de ceux qui le soutiennent, il a décidé de continuer le combat en préservant ses facultés physiques et intellectuelles.
Symboliquement, il interrompt donc aujourd'hui sa grève de la faim, à la veille des jours où l’on célèbre les disparus.
Il est toujours en détention provisoire à la prison de Fresnes, dans des conditions très difficiles et avec une santé précaire.
Malgré son affaiblissement physique, il reste vif intellectuellement et fort mentalement.
Les parloirs sont l’occasion de lui transmettre les nombreux soutiens et témoignages d’estime et d’amitié qu’il reçoit. Il en est très touché et il vous remercie de tout cœur.
Du fait du contexte sanitaire actuel, nous restons très inquiets pour lui et pour sa santé. Nous continuons à faire tout notre possible pour qu’il sorte de prison au plus vite. »

Le combat continue

Au grand soulagement de tous les amis et soutiens de l’écrivain, cette étape franchie donne de nouvelles forces à l’operata pè Santini pour la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain.

Après l’appel de la section corse de la Ligue des Droits de l’Homme, sept parlementaires, « soucieux d’éviter un drame humain », ont alerté le Ministre de la Justice.

Dans l’île, le collectif Operata pè Santini vient de adresser une lettre ouverte aux 359 maires de Corse.

« Nous ne partageons pas obligatoirement les idées politiques de Jean Pierre Santini, si des faits répréhensibles sont établis, il est normal qu’il soit jugé.

Par contre, il est, aujourd’hui, toujours présumé innocent c’est pourquoi il nous semble disproportionné de le maintenir entre quatre murs alors qu’il pourrait bénéficier d’une liberté sous contrôle judiciaire.

Tout récemment, les parlementaires insulaires, toutes tendances confondues, ont pris position en faveur d’une telle mesure.

C’est pourquoi, en tant que membre du comité soutien, je vous sollicite afin d’obtenir votre accord pour que votre nom soit mentionné dans la présente déclaration qui sera publiée dans la presse. »

Un Décameron 2.0. pour Santini

Pour sa part, la maison d’éditions Albiana, éditeur en Méditerranée, a lancé ce 30 octobre un appel aux écritures pour Santini :

« nous proposons à tous les auteurs déjà publiés ou non, à tous les lecteurs qui eurent à lire ses textes, à tous ceux qui aiment les poètes libres, les écrivains à leur tables de travail, les éditeurs à leur tâche, d'écrire à Jean-Pierre Santini, d'écrire pour Jean-Pierre Santini. Des lettres, des poèmes, des nouvelles, des récits, des hommages... À vos claviers !

Faisons taire le silence ! Combattons avec nos armes l'impuissance dans laquelle l'arbitraire nous plonge... "Défendons l'homme, toujours !", aurait clamé le plus célèbre des avocats corses.

À ceux qui ne se sentent pas de le faire, par pudeur, par gêne ou par manque d'inspiration, nous demandons de relayer simplement ce message.

Nous recevrons dès aujourd'hui tout ce que vous voudrez nous envoyer à cette fin, pour une mise en ligne dès les prochains jours. »

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