Ceux qui nous humanisent

Nous devons fréquenter les livres et les êtres qui nous humanisent, qui nous éloignent de nos tempêtes, de nos certitudes, qui nous éveillent à la beauté du monde, qui dévoilent ce qui est caché, qui rendent l'invisible visible. Ils approfondissent notre humanité, nous rapprochent de l'essentiel mais de façon délicate, infléchir ainsi subtilement l'itinéraire de notre cœur, non vers la finalité de la possession mais celle du dénuement. Nous devons les fréquenter car chaque mot, chaque souffle se muent en la matière de l'apaisement, corps apaisé, âme apaisée, selon les injonctions d'un désir soumis au dogme de l'amour. Il n'y a, au bout du compte, qu'un unique combat, celui de l'inhumain et de l'humain en soi, l'inhumain est le visage de l'absence à la lumière, le refus de l'autre, les pulsions de l'ensauvagement et l'humain est le visage de la présence à la lumière, l'abandon à l'autre, les sagesses du don. Il faut ainsi larguer les amarres, entamer l'exode de soi dans les paysages de ces êtres et dans les pages de ces livres, nous emplir de leur lumière, qu'elle altère les rythmes de notre sang et que notre sang soit le sentier qui nous mène à l'autre. Fréquentons ces êtres et ces livres, fréquentons les assidûment car il n'est qu'un témoignage pour décider de la valeur d'une vie, son humanité. Et rien d'autre.

Umar Timol

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