Un texte sur la magie du théâtre

L'écriture est une solitude qui bute souvent sur la solitude.

Ainsi puiser en soi, tous les jours ou presque, des mots, parce que vous ne pouvez vous en empêcher, parce que vous obéissez à un devoir quelconque, parce que c'est votre façon d'être, qu'importe la raison, construire donc un texte, un processus parfois exaltant mais généralement pénible, douloureux. Par certains aspects, c'est semblable à une guerre contre soi-même, à un accouchement non voulu. Puis trouver un espace pour le publier, le propulser dans l'espace du regard de l'autre. Vous ne vous attendez pas à grand-chose, cet espace est essentiellement régi par l'ordre de l'indifférence, ainsi la solitude du texte se jette dans la solitude du monde. Mais parfois un miracle se produit, le miracle d'une rencontre, avec un metteur en scène, Gaston Valayden, qui décide d'adapter un de vos textes au théâtre. L'inerte devient vivant par la force de la mise en scène, les mots deviennent chairs, incarnés par des comédiens de talent, qui s'approprient des mots, qui les inventent et les réinventent et votre imaginaire est transposé sur scène. Et c'est un grand bonheur. Narcissique bien sûr parce que l'écho de soi, - étrange, troublant sinon fascinant quand on l'entend sur scène - se mue en la voix des autres mais plus encore c'est le parcours de la solitude, sa résonance hors de soi par l'entremise des autres, de leur solitude peut-être, qui entre en résonance avec la solitude des spectateurs. De l'exil à la plénitude, des solitudes qui se métamorphosent en une conversation des âmes. 

Umar Timol.

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