L'humain et l'inhumain.

Il s'agit peut-être, au bout du compte, de choisir entre l'humain et l'inhumain, entre ce qui nous humanise et ce qui nous déshumanise.

Au-delà de tous les théorèmes, de toutes les conjectures, de toutes les études, de ce que les hommes ont inventé au cours des siècles pour affronter le néant, taire la peur, pour se construire, pour s'inventer, pour dénouer la complexité, autant de mythes, d'histoires, de rêves, autant de réponses qui ne sont que des questions déguisées qui mènent à d'autres questions et à d'autres réponses, dans un cycle infini et qui ne s'achèvera qu'avec la fin de l'homme, il y a ces deux pôles, l'humain et l'inhumain. L'humain est tout ce qui nous rappelle à la mémoire des liens irréversibles qui nous unissent à l'autre, il est le tissage de l'autre en soi afin de fabriquer la matière de la compassion et de l'amour alors que l'inhumain est le défouloir de l'oubli, la subjugation et la domination de l'autre, son objectification sous le joug de la haine et de sa progéniture la violence. Réaliser l'humain en soi est humaniser l'autre, s'abandonner à l'inhumain en soi est déshumaniser l'autre. Nul, à vrai dire, n'est tout à fait ange et nul n'est tout à fait monstre. Ces deux pôles coexistent en soi dans un perpétuel dialogue, une perpétuelle lutte, un va-et-vient, un ressac entre les polarités du pire et du meilleur. Qui n'a pas été habité par les pulsions de l'obscurité, la frénésie de l'anéantissement de l'autre, qui n'a pas savouré le jaillissement de la haine et qui n'a pas été habité par l'élan pur de l'amour, ce dénuement qui nous mène hors de soi en l'autre. Notre œuvre est plus simple qu'on ne le croit, l'infrastructure de nos systèmes, si nombreux, est ancrée dans notre cœur qui est le lieu de l'incessant combat entre l'humain et l'inhumain. Cœur humain ou cœur inhumain, permission qui est au cœur du destin de l'homme.

Umar Timol.

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