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Billet de blog 9 mai 2020

Pandémies : la nature nous invite au respect !

Défendre les écosystèmes, les espaces naturels devrait tenir de l’instinct de survie : nous ne connaissons qu'une infime partie des virus que les jungles, les forêts renferment... comme nous ignorons ce qu'impliquera la fonte du permafrost ! Peut-être n’allons-nous pas compter les décès en milliers mais en millions. Notre irrespect de la planète, notre cupidité mettent notre espèce en danger.

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La plupart des mesures liées au coronavirus concernent sa partie terminale : confinement, protections, gestes barrières,  médications ou miraculeux vaccins censés nous protéger de ce nouveau virus. Rarement, sinon jamais, on ne s’intéresse aux racines de la pandémie - puisque l’idée que le virus serait issu du laboratoire P4 de Wuhan semble étrangement considérée comme absurde !  Le covid 19 serait né sur un marché de viandes sauvages, ce qui ferait donc de cette pandémie une conséquence de notre consommation effrénée d’animaux et de la destruction de toute barrière entre espèces…. Cela  l’apparente à 75% des grandes épidémies de notre histoire récente : rougeole, variole, grippes H1N1, espagnole, aviaire, typhus, tuberculose, Creutzfeld-Jacob, Ebola, Malaria, tétanos, peste, rage, paludisme…

Comment une telle évidence peut-elle être ainsi oubliée ? Pourquoi les médias ne proposent-ils aucune analyse des catastrophes que nos modèles économiques et industriels génèrent ? Surtout pourquoi personne ne préconise les changements que nous devons opérer pour éviter le renouvèlement de telles catastrophes ?  Les causes de l’apparition et de la propagation de ces maladies paraissent pourtant simples : afin de toujours plus exploiter nos ressources naturelles, afin de multiplier les territoires de culture intensive, nous détruisons, bouleversons les écosystèmes. Nécessairement, cela porte à conséquences ! Le déboisement pousse les espèces à se masser dans des espaces de plus en plus restreints, ainsi différentes races de chauves-souris qui habituellement ne se croisent jamais. Un tel rapprochement pousse les virus à évoluer, muter, se transmettre avec plus de facilité. Et quand des exploitations agricoles, les élevages bordent ces terrains jusque-là réservés aux espèces sauvages, la contamination vers l’homme devient inévitable : le mammifère, l’insecte transmet le virus à un animal que l’homme côtoie ou consomme : porc, mouton, bovin...

Très récemment, en Bolivie, dans la région de Chapare, la déforestation effectuée pour bâtir des rizières a créé un foyer épidémique, contenu de justesse. De même, à Bornéo, les déboisements ont causé d’importantes arrivées d’eau sur un sol jusque-là protégé. Les insectes se sont reproduits en masse et ont transmis la malaria aux récoltants d’huile de palme. A l’avenir, on peut prévoir plusieurs foyers de contaminations : les scientifiques alertent la communauté internationale sur les marchés argentins de viandes sauvages comparables à ceux de Chine. Et que dire des calamités que causera  la destruction du poumon de la planète : l’Amazonie ?

Défendre les écosystèmes, limiter les dommages aux espaces naturels n’a donc rien d’une préoccupation écologique ingénue, elle devrait tenir de l’instinct survie : nous ne connaissons qu'une infime partie des microbes que les jungles, les savanes, les forêts renferment, et avec lesquels vivent depuis des millénaires de nombreuses espèces ! Comme nous ignorons ce que peut impliquer la fonte du permafrost, liée au réchauffement climatique : combien de virus libérera-t-elle ? Peut-être n’allons-nous pas compter les décès en milliers mais en millions. Notre immense et stupide orgueil, notre irrespect de la planète, notre cupidité risquent de mettre en danger la survie de notre espèce.

Aujourd’hui, nous nous trouvons confinés, perdons des proches pour que perdure un modèle délirant, violent et déséquilibré ? Celle de l’invasion sans mesure des rares espaces où les animaux pouvaient survivre, celle de la consommation pléthorique de viande, au détriment de tout sens commun. L’utilisation de farines animales a créé le syndrome de la vache folle ? L’agro-industrie continue à les utiliser… Le confinement continuel des bêtes d’élevage créé de véritables bouillons de culture ? Nous signons des accords avec des pays pratiquant l’élevage intensif… L’alimentation de ces pauvres bêtes est constituée de tourteaux de soja traités aux pesticides ? Nous les consommons au risque de nous rendre malades par contamination… Adhérer à un tel modèle d’alimentation et de rapport à l’animal relève non seulement de la cruauté mais de la stupidité la plus crasse.

Le discours dominant continue de condamner et railler tout autre modèle d’agriculture et d’alimentation. Une agriculture, voire une permaculture respectueuse de l’environnement valorisant des produits végétaux, par exemple. La plupart des medias continuent à compiler avec docilité les dangers d’un régime sans viande et ses dangereuses « carences », qui ne peuvent générer que des êtres mous, faibles, tristes, asexués… Pourtant, les protéines animales sont décomposées par l’organisme pour en extraire les acides aminés végétaux indispensables. Le nombre de sportifs vegans de haut niveau montre les bienfaits de cette alimentation… Les dangers d’une nutrition végétale pour le jeune enfant sont référés à un ou deux cas célèbres sans mettre en parallèle les innombrables maladies et décès liés aux intolérances, aux empoisonnements au lactose.  Les débats publics dénoncent l’intolérance et le sectarisme des dangereux vegans, responsables de « violences » (mot très à la mode, ces temps-ci !) contre les bouchers, les abattoirs, les usines à fourrure ; alors que les horreurs perpétrées par nos pauvres chasseurs, ou nos abattoirs trouvent une étrange tolérance…

Les zoonoses doivent être considérées comme des avertissements et elles nous appellent à redéfinir notre rapport à la nature et aux êtres vivants qui ne peuvent être uniquement considérés comme des aliments. Respecter les territoires des autres animaux doit s’inscrire dans les fondements même de nos sociétés, comme la lutte contre le braconnage,  du trafic d’animaux sauvages ou l’exploitation  frénétique et criminelle des ressources de la terre. La barbarie qui consiste à tuer une autre créature doit au moins être mesurée à l’aune de nos santés puisque nous sommes assez barbares pour ne pas la mesurer à l’aune de l’empathie ou de la bienveillance. Chaque mort d’aujourd’hui et de demain est liée à celle de l’animal que l’on peut acheter dans une barquette de supermarché, comme elle est liée à tous les portables contenant des métaux rares et que nous renouvelons chaque année… ou à toutes les denrées de la grande distribution que nous consommons sans recul ni esprit critique.

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