LES FLEURS ROUGES CARMAUSINES

Il est sans doute trop tard, les dés sont jetés. Il veut écrire que rien n’est perdu, que tout reste possible, qu’il faut encore y croire. Avant le bouclage de l’édition, il dine avec quelques amis. Un individu tire sur lui à bout portant. Le vent mauvais souffle du côté de l’Autan. Première victime de guerre: Jean JAURES

Depuis la terrible débâcle de 1940 et son lot d’ignominies connues de toutes et de tous, nous vivons à ce jour, les biens pires évènements tragiques que notre belle République ait bien pu connaître.

De toutes parts, nos institutions, des plus vieilles jusqu’aux plus nobles, se craquèlent et se fissurent sous les incessants coups de butoir de la nouvelle caste politicienne. Leur pilonnage intensif lézarde les murs. Bafouant, sans remords et sans amertume, d’un revers de la main et foulant aux pieds les principes vertueux de nos glorieux ancêtres au bonnet phrygien, ils s’affichent impunément en grandes pompes : Prédicateurs de l’Ordre nouveau.

«  Sur l’échiquier de leurs intrigue, les voilà qui disposent de vous avec cynisme et insolence » Sylvain TESSON - Un été avec Homère

Les mots ne se suffisent plus quand se défont les beaux discours. Répression, régression, omnipotence, mépris, désaveu, passe-droit, déni, pouvoir, abus. Abus de pouvoir, rassemblements interdits, presse bâillonnée, justice muselée, police zélée, les visages de l’Ombre se révèlent figures de potentat despotique. Coude à coude, les plus prosélytiques se frayant une place choyée aux bons côtés du Roi soleil immaculé. Misérable cortège de pantins dénués de sens critique et de libre pensée.

Sans vraiment le savoir, nous sommes en guerre. Une guerre de l’Ombre, insidieuse et glaciale. Une guerre sans visage dont on tait le nom. Guerre commerciale, guerre climatique, guerre sociétale, guerre à venir et à vomir. Les institutions sont menacées, au bord de l’implosion. Il y a urgence, cette Démocratie peut vaciller et sombrer dans les méandres du néant. Ils ont mis le feu aux poudres, embrasé les fétus de paille. Alors oui, nous voilà entrés en Résistance, il est temps de prendre le maquis !

Mensonges, parjures, mépris, atteinte à la dignité, défiance caractérisée et abus en tout genres; torpilleurs d’avancées sociales, démolisseurs patentés, ils osent tout sans complexe et sans contrainte. Ils sont au dessus des lois parce qu’ils font la loi et parce qu’ils sont la loi !

Comment rester citoyen, digne et encore debout ? Comment dormir la conscience tranquille ? Comment ne pas s’interroger, s’indigner, se révolter? Comment et pourquoi toujours encore se taire. Comment…

Abject, vil, cynique, méprisant et méprisable, omnipotent, outrancier, irrespectueux, n’en jetez plus, la coupe est si pleine qu’elle déborde à profusion. « Faites ce que je vous dis, mais surtout pas ce que je fais ! » Les petits arrangements entre gens de même connivence ont toujours pignon sur rue, quand frappent à la porte les lobbies, les bras chargés d’offrandes…  

Ils nous indisposent tout autant qu’ils s’imposent à nous, gesticulant sous nos yeux ahuris.

Manipulateurs, détracteurs, hypnotiseurs, illusionnistes, théoriciens, adorateurs du Veau d’or, en bons petits soldats dociles, les cacatoès en rut répètent en chœur, en longues boucles ininterrompues, l’imprécation solennelle du monarque lumière du soleil. Pourfendeurs de la litanie ostentatoire, Précieuses Ridicules.

Nous ne sommes point révolutionnaires avides de combats, nous sommes juste révoltés dans l’âme. Pour notre avenir et celui de nos enfants et petits enfants. Pour un monde bien plus humain.

Ils sont ces Métamorphoses glaciales, glaçants d’effroi, crachant leur venin d’infamie, à se vautrer dans la souillure avec leur arrogance mesquine et naturelle, avides de toute puissance fallacieuse, soupirants d’une mandature éphémère. Ce sont eux les hooligans veules, engoncés dans leurs costumes de paillettes. Vaniteux des vanités.

Malversation, corruption, privilège du scandale, affaire des tas, démagogie désastreuse, le Pouvoir isole, fracture et divise. Il ne peut être l’apanage d’un seul homme providentiel. Dès que l’humain accède au sommet, l’horizon se mue en traversée. Sa misérable condition peut le conduire au pire. Cela fait beaucoup de désordres. Il faut se méfier de ceux qui s’élèvent trop haut, trop souvent cela attire les foudres, ce sont ceux qui établissent les tyrannies. Mécréants sans foi ni loi, sans affect et sans âme.

Quand l’humain tutoie les sommets, sa dimension prend parfois une aura vertigineuse. Installé  au-dessus des communs des mortels, il en efface la condition primaire. Soumis au syndrome de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, il s’imagine Etre suprême sanctifié et Pouvoir Absolu.  

« L’obsession du chef. La tendance de nos démocraties à privilégier la surincarnation de l’autorité politique, jusqu’à une certaine hystérie » Alexis LACROIX

L’élu en vient à  oublier ce qu’il est et surtout d’où il vient. La tête dans les étoiles, certes, à condition de garder les pieds sur Terre ! Les multiples possibilités d’agitations et de manipulations sont infinies grandeurs de monarques déconnectés du vivant. Le prisme de leur vison du monde est trompeur, berné par l’illusion de toute puissance. D’autres s’y sont brulés les ailes !

Catalyseur d'énergies contraires il attire dans son pôle toute une armada d’opportunistes prêts à tout pour une grâce, une obole. L’intérêt majeur de leur petite personne avant tout, au détriment du sens commun ! Postulat de contradictions contradictoires.

 

« Plus de principes, rien qui soit juste ou injuste, avec la doctrine de l’opportunisme. À quatre heures, le gouvernement trouve que les coquins sont indignes de tout pardon; à onze heures du soir, ces coquins sont dignes de toutes les miséricordes. Et de la politique, l’opportunisme descendra bientôt dans la pratique de la vie, et il y aura de l’opportunisme dans l’honneur, dans la morale» GoncourtJournal, 1880

 

Crise de confiance et/ ou crise de défiance, l’inégalité des chances qui vous laisse ce goût de fiel et d’amertume dans le quotidien de chacun de vos jours agonisants.

Le recours systématique et systémique à la brutale répression policière met en danger notre belle République. Aveu de désaveu. Il est grand temps de s’inquiéter de cette banalisation à outrance de l’usage intensif et abusif de cette violence létale.

STEVE s’est noyé, l’IGPN nous a tué… Méprisable et méprisant. Tant qu’il y aura de l’injustice et de la souffrance, la nature de l’être humain sera d’être révolté.

Le monde dans lequel nous vivons devient transparent, tout s’accélère et tout bouleverse l’ordre social. Les frictions et les fractures sont trop abruptes, trop en décalage. C’est quasi inévitable, un phénomène de société qui va en grandissant, en s’accélérant jusqu’au choc frontal. Fatal.

La politique se devrait d’être avant tout profession de Foi, mais de nos jours, il y a une crise de passions et de dévotion. Couronné de lauriers, nimbé de gloire, l’exaltation le prive de toute retenue et de tout sens humain. Aliéné de ses turpitudes et de ses propres insolences, il devient sourd, aveugle, muet et amnésique, dépourvu de toute part d’humanité, de toute humilité, de bienveillance, de compassion, d’équanimité. Rien de plus que des mots…

 «  Il m'a semblé très peu doué sous le rapport du calme et de l'équanimité si nécessaires à l'homme d'État « Mérimée, Lettres Mmede Beaulaincourt

 L’ostracisme Athénien consistait à écarter quelqu’un qui gène ou contrarie la politique Athénienne. Toute la sagesse d’une institution au service du peuple. Quand la démocratie s’inquiète de sa survie.

Bronzez tranquilles en sirotant un Mojito bien frappé, les congés payés, pour l’instant, sont encore un dernier acquis de 1936 ! La rentrée, cette rentrée là, à coup sur sera Sociale. Dans les hottes des vendangeurs, les raisins de la colère donneront une cuvée hors pair, quintessence d’un cru aussi rare que raffiné. Un divin nectar exalté de cette Fraternité retrouvée. Prêts à vous laisser tenter, à vous laisser emporter ?

L’horizon des possibles, lui, reste Infini !

 

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