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Je ne suis qu'un rêveur...

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Billet de blog 12 août 2021

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L'ÂME AURAIT À FAIRE SON CHOIX

Les vagues se succédaient et sous la pression médiatique les sommations pleuvaient sans raison d’être. Sous le ressac de la houle, elle s’accrochait, faisant parfois le dos rond, n’écoutant que le courage de sa détermination, à l’égard de la petite voix de sa conscience.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après des années d’abstinence à l’écart du monde du travail, elle avait repris un emploi à mi-temps, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards et de pallier aux frais inhérents à l’augmentation exponentielle du coût de la vie et aux futures dépenses à venir. Choix délibéré d’une activité en accord avec ses convictions les plus profondes. Donner du sens aux valeurs de son engagement. Altruisme, humanisme et don de soi. Au service de l’autre pour apporter soutien et réconfort à ceux qui vivent en marge des actifs. Antidote à la sinistrose pour cette population d’ainés en proie à l'isolement. Du baume au cœur pour âmes esseulées. Avec une grille de salaire au ras des pâquerettes, bien en dessous du tarif légal du Smic, pas de quoi pavoiser.

L’argent n’étant pas la primauté de son engagement, elle avait su apporter à chacun ce petit plus qui illumine un quotidien devenu terne. Et tous le lui rendait bien. Légumes du jardin fraîchement cueillis à la pointe du jour, œufs frais, pots de confiture maison, pruneaux à l’alcool, fleurs de saison, boites de chocolat et étrennes à Noël. Des échanges d’une tout autre dimension, où la rapacité de l’argent n’a point prise. Le partage, l’échange, les rapports humains, sous l’éclat de sa magnificence. Ce qui nous manque si cruellement en ces temps de crise.

Tout se déroulait à merveille, jusqu’aux premières anicroches. Elle avait affronté la toute première crise avec les moyens du bord, mettant un point d’honneur à ne pas abandonner ce petit peuple en détresse. En première ligne sur le front, avec pour seule consigne la débrouille. Pénurie de masques, absence de moyens, incertitude, doute, solitude. Malgré la multiplicité des contraintes et des revirements de situations, elle avait du faire face à l’adversité. Face aux injonctions paradoxales, elle avait su faire preuve de grande dignité, pour toujours soulager et accompagner. Une main tendue dans cet océan de tempêtes où la peur est mauvaise conseillère.

Les vagues se succédaient et sous la pression médiatique les sommations pleuvaient sans raison d’être. Sous le ressac de la houle, elle s’accrochait, faisant parfois le dos rond, n’écoutant que le courage de sa détermination, à l’égard de la petite voix de sa conscience. Mais de jour en jour, l’étau se rétrécissait. Sous la vindicte populaire instrumentalisée par la peur propagée en  boucles télévisées, une de ses collègues se vit refuser l’accès au domicile d’une retraitée, lui demandant si elle était bien vaccinée. Ordre moral, secret médical, le tout balayé sous le sceptre de la houlette des nouveaux bergers. Hier portées au pinacle, ce jour vilipendées. Amnésiques, souvenez- vous !!

En plein cœur de l’été, sous les directives arbitraires de l’oligarchie et la lâcheté d’un conseil de vieux sages singes faisant la grimace, l’épée de Damoclès lui signifiait son interdiction d’exercer son métier sous prétexte de draconiennes conditions. Vaccination en pointillés. Condition sine qua nom. Dura lex sed lex.

Fin de l’État de droit. Dystopie qui tait son nom. Chantage à l’emploi, atteinte au droit fondamental de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen: Article 23 . Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. 

Que s’est-il passé ? Qu’avons-nous fait pour en arriver au terme de cet aveu d’impuissance manifeste? L’opposition est atone, les syndicats tout autant. Seuls les opposants battent le pavé sous persiflages et autres quolibets. Les petites gens, petites mains laborieuse, ces riens de seconde zone qui se retrouvent devant le fait du prince, accompli. Gourou des réseaux sociaux, l’ado en tee-shirt harangue les foules. Vaccinez-vous ou crevez ! Point du Covid, nenni !

Mais comment survivre sans revenus quand l’échéance des fins de mois vous rappelle à l’ordre à partir du 10 ? Comment subvenir à ses moyens quand la  plupart de ces emplois, très souvent précaires, sont exercés en grande majorité par des femmes sans diplôme et sans formation, en charge de foyer monoparental ? Pris dans la nasse, impossible d’échapper à l’emprise mortifère. Le choix reste question de survie. Éthique, moral ou alimentaire, il devient un luxe. Dégout, tristesse, amertume, lassitude. La nausée au bord de l’humiliation.

LIBERTÉ confisquée.

     ÉGALITÉ manipulée.

          FRATERNITÉ fracturée.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.