ALEA JACTA EST

L'apprenti monarque ne respecte ni son peuple ni aucune des institutions en place. Il s’impose en despote autoproclamé de gloire.

zeus-et-la-foudre

 

L'apprenti monarque ne respecte ni son peuple ni aucune des institutions en place. Il s’impose en despote autoproclamé de gloire. L’humilité ne fait partie ni de son vocabulaire, ni de son idéologie. Quand les hommes sombrent du côté obscur de la démesure, voilà qu’ils deviennent grotesques au point de s’incarner dans ce cynisme de l’absolu. «  Ce qu’ils veulent, ce n’est rien moins que tout » écrit Simone Weil.

Au grand jeu du chamboule-tout de la présidence il a raflé la mise et emporté le grand prix, ne laissant derrière lui qu’un funeste champ de ruines. L’exercice fut si flamboyant que l’illusionniste de service remet le couvert pour les Européennes, tout en agitant une fois de plus l’épouvantail des extrêmes. Voilà qu’il s’impose à nouveau en grand Sauveur, fidèle chevalier blanc sur son destrier face aux indéfectibles forces du mal.

D'un simple revers de la main, il balaie ce passé institutionnel, héritage vertueux de notre démocratie aujourd’hui en péril. Au lieu de se fondre dans la lignée et la continuité de la grandeur de la République, l’audacieux dédaigneux continue de mépriser tout  à la fois ses ainés, sa jeunesse, son peuple. N'est pas Jaurès qui veut!                                                                

 Il se fourvoie dans l’hubris des jours fauves, ce crime d’orgueil antique, culte du moi et ambition amorale sans limites. Culte de la personnalité magnifiée, l’hubris, ce feu qui consume l’âme avec des désirs de grandeur et de richesses. Sur les remparts de Rome, Néron allumait son propre buché, toujours la même ritournelle…

Toutefois le reflet idéal n’est jamais exempt de fêlures, certains y perdent leur âme. Figure de proue de l’individualisme exacerbé, symbolisme de l’omnipuissance de l’être  qui se voit et se croit au dessus du monde, tutoyant les Dieux.                                         

 L’avènement de XXI° siècle a engendré un nouveau monstre des temps modernes qu’aucune limite ne délimite : le pervers narcissique et sa toute puissance magnifiée ont conquis le monde. Paroxysme de la démesure. « Memento mori » Rappelle-toi que tu es mortel !

Les Grecs appelaient aristie ces épisodes accomplis par le héros en transe, porté par une fureur sacrée, qui le fait briller dans la bataille. L’aristie, le fait entrer dans la légende et rend son nom digne d’être chanté, elle est l’affirmation d'une supériorité toute personnelle "  Le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure »  écrit Hérodote.

Sortir de l’impasse, retrouver cette capacité humaine de s’accomplir dans l’Odyssée de notre ouvrage collectif et non dans l’objectif de l’avènement d’un héros de pacotille.

 « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Jean Jaurès  « Discours à la Jeunesse » Albi 1903. 

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