DÉLIT DE LÈSE MAJESTÉ

« Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. » Aimé Césaire

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Stupeur. Étonnement. Indignation.

Chacun s’interpelle. Chacun s’invective. Tous donneurs de leçon. Certains, Juge. D’autres, Partie.

Et les mots quoi dépassent l’ampleur du contexte. La moutarde qui monte au nez. La mayonnaise qui émulsionne. Picotements frénétiques. Réactions épidermiques.

Les instances qui perdent la boussole. La foule qui applaudit. Une liesse, populaire, collective.

Et au loin, on entend une vérité qui n’en est plus une. Une vérité féroce, dénuée de bon sens. Un pataquès monté en épingle. Les médias qui s’effarouchent. Disproportion des faits et gestes. Abus de langage. Abus de pouvoir.

Ceux qui refusent de voir. Ceux qui refusent d’écouter. Ceux qui refusent d’entendre le bruit sourd de cette colère qui pousse à l’exaspération.

A qui la faute ? Qui a légitimé la violence ? Qui a attisé le feu sous les braises ? Qui a mis en scène ce simulacre de démocratie ? Qui a tiré le premier ?

Rien ne suffit à justifier telle dérive, tel déferlement de haine et de rancœurs.

Interdiction de s’exprimer. Interdiction de contester. Interdiction de manifester. Interdiction de penser par sa propre pensée. Il est interdit d’interdire ! Slogan déchu de mois de mais…

Faciès énuclées. Membres arrachée. Vies brisées. Ensauvagement de la civilisation. Déclin de la démocratie. A qui la faute ? A qui l’entière responsabilité ?

Jaurès, s’en serait insurgé.

Ubu 1°, empereur d'irréductibles gaulois, s’en lave les mains...

Une gifle ? Non un camouflet !

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