A LA DÉRIVE DES TEMPS QUI COURENT

"Il semblerait que l'homme ait réuni toutes ses forces pour remporter la lutte contre le monde. la nature n'est plus à la manœuvre, dictant ses lois, imposant ses tempos, indiquant ses limites" L'avertissement de Sylvain Tesson semble plutôt compromis avec l'arrivée d'un minuscule petit grain de sable, venu contrarier les diktats de la mondialisation.

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Amateurisme avéré, irresponsabilité flagrante voir totalement déflagrante, manipulation exacerbée à souhait, injonctions paradoxales de tout acabit, tout y est ! Autant de qualificatifs plus ou moins sulfureux d’un diabolique cocktail pour tenter de décrypter ou d’esquiver la ligne de conduite toute aussi déconvenue, décousue, quasi illisible d’un pouvoir débordé par l’ampleur de la crise à venir.

Contraints d’avancer masqués et en même temps à visages découverts, ces figures de circonstance, austères et gravissimes, chargés de torpeur lapidaire, apothicaires de la psychose du pire alimentent toutes les peurs les plus ancestrales, brandissant en guise de crucifix  la peste, comme fléau ultime d’Albert Camus.

Dans la lucarne des téléviseurs allumés en continu, la mine grave des jours de défaite annoncée, l’homme à la tête de croque mort, croque mitaine de circonstance, affublé de l’œil vitreux d’un poisson mort,  distille l’agonie dans une allocution de catastrophe annoncée multipliant les effets d’annonces, d’un air empêtré, gravissime, énonçant  le retour en grâce de l’Etat providence, sérieusement pulvérisé sous les assauts répétés des réformes ultralibérales.  

Au  travers de cet irrévérencieux  langage codé, on ne peut que rester cons-vaincus de bien étranges manipulations en arrière scène, entretenues à l’écart des projecteurs médiatiques et des regards bien trop curieux. Face à la terrible déconvenue de cette ligne de conduite décousue, devenue quasiment illisible voir totalement inaudible de ce pouvoir dépassé, débordé par l’ampleur de la crise à venir, que se trame t’il réellement en coulisse dans l’arrière cour de l’Élysée ? Ont-ils réellement conscience des sacrifices et des efforts demandés à ce peuple bafoué en permanence, reclus par obligation ? Sous leurs grands airs sarcastiques doublés d’arrogance plébiscitée, les cavaliers de l’Apocalypse enveniment les peurs des fléaux à venir. « Tremblez braves citoyens, assurez vous que votre sort est entre nos mains  »

Bien plus efficace que 70 actes d’irréductibles Gilets jaunes et que de milliers de manifestations de protestations et de révoltes, le minuscule grain de sable est venu bousculer le frêle  équilibre de tout un système dépassé par l’ampleur du désastre semblable à cette gigantesque grève générale rêvée par l’ensemble des syndicats les plus combattifs. Un misérable virus favorisant à outrance les barricades, les frontières et l’indissociable repli sur soi. Ce péril jaune aura t- il la peau du grand capitalisme à genoux, qui des deux sera le plus fécond et le plus moribond ? Cette pandémie de l’outrance à venir, réussira t’elle  ébranler la précarité d’un monde promis à s’écrouler comme un vulgaire château de cartes ?

« Confinez vous dans vos tanières, mais n’oubliez pas d’aller accomplir votre devoir citoyen, allez voter !! » Le couvre feu est déclaré, ne vous en déplaise, tous aux abois ! La politique du tout et de son contraire Allez comprendre quelque chose à cet inexplicable tumulte de contradictions ! La dialectique d’En Marche est égale à elle-même, un pas en avant et deux pas en arrière, toute ! Le Maitre des horloges est à la dérive des temps qui courent....

 

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