LES RUGISSANTS SANS GLOIRE

A tous ceux qui cherchent un peu plus de réconfort dans leur vie humaine. A ceux qui se sont toujours tus jusqu'à ce jour. Dans le mot Grève il y a cette indéniable part de Rêve.

Grève-rêve

Grève, le mot est lâché comme un inimaginable pavé dans la mare. Les mots prennent la saveur des clichés des barricades. Rapport de forces obscures, guerre de tranchées larvée, mutisme unilatéral, de part et d’autre deux clans arc-boutés qui s’affrontent dans un long et douloureux combat pour des intérêts contradictoires.

La posture, fière et déterminée, de ceux qui n’en peuvent plus et qui n’y croient plus face à la pathétique rigidité politique d’une élite totalement déconnectée de la triste réalité du quotidien. Ce quotidien si pesant et si douloureux, devenu chemin de croix de tout un peuple malmené, maltraité, assommé de réformes toujours plus injustes et injustifiables, soumis au diktat mercantile des marchés financiers, fruits d’une Europe cupide et vénale.

Une longue et sourde colère héritière d’un interminable silence de quelques trois décennies, sonnant le glas des trente glorieuses. Une impasse programmée à courber l’échine, à croire à un quelconque homme providentiel capable de les extirper de l'inextricable ornière dans laquelle on les a fossoyés, à espérer un énième changement, à rêver de jours meilleurs, à accumuler des lendemains qui désenchantent, à subir les multiples coupes sombres et les dégraissages massifs d’un monde obnubilé par l'unique profit, à encaisser sans broncher chômage, précarité et pauvreté. L’infernal  triangle de la mondialisation quand le ciel obscur s’abat toujours sur la tête des besogneux.

Face à l’impitoyable rouleau compresseur concasseur et au dépeçage sans vergogne du tissu industriel et du patrimoine culturel d’une France pillée et mise aux enchères aux plus offrants, friands de nouvel eldorado à acquérir, la grande braderie de l’héritage de la nation. Comme si toute cette débâcle programmée ne suffisait plus à satisfaire les requins de la finance, friands de dividendes alléchants.

Aux quatre coins de l’hexagone, une prise de conscience collective reprend le flambeau de la révolte, s’opposant de toutes ses forces à l’oligarchie dictatoriale du profit. La foule s’indigne haut et fort et elle le fait savoir. Une lame de fond venue des profondeurs abyssales des océans. Les Français se sont toujours battus pour les causes les plus nobles. Ils ont toujours su trouver les armes de la contestation pour s’opposer à leurs prédateurs. La rue, dernier rempart d’espace public, devient le territoire à occuper, à envahir pour y exprimer sa révolte, sa colère et sa rage, à coups de manifestations, de slogans et de chants partisans.De cette petite voix rebelle au fond de leur cœur va naitre cet incontestable élan de résistance. Une vielle tradition gauloise face à l’oppresseur, sans doute.Le matamore de service ne dormira pas sur deux oreilles, c'est la rue qu'est à nous.

Marche ou Grève, Mister Président…

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.