vent d'autan (avatar)

vent d'autan

Je ne suis qu'un rêveur...

Abonné·e de Mediapart

325 Billets

7 Éditions

Billet de blog 26 janvier 2026

vent d'autan (avatar)

vent d'autan

Je ne suis qu'un rêveur...

Abonné·e de Mediapart

AU NON DE LA TERRE

« À la pointe de la terre le soleil emmêle les couleurs, trace dans le ciel des chemins d’encre et se glisse sous le drap opaque de la nuit. Tu ramasses un à un ces éboulis de terre, de ciel et de mer. » Hélène Dorion

vent d'autan (avatar)

vent d'autan

Je ne suis qu'un rêveur...

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

Depuis les hauteurs du ciel l’odieuse balafre révèle au grand jour l’ampleur du désastre annoncé, vaste plaie béante dont chacun se désole, contraints de constater avec grande amertume le saccage du vivant. Face à d’autres voix, une autre voie.

À marche forcée les engins de chantier ont rasé les collines, effacé clairières et sous-bois, défoncé les champs, éventré les sols, souillé les nappes, défigurant au passage les paysages bucoliques de ce petit coin de paradis, farouchement indépendant.

Le vent, la poussière, la gadoue, les décombres, un monde qui bourdonne à n’en plus finir. Rien n’ayant pu enrayer l’entrave des forces obscures, Centaures et sans répit. Vain combat mené contre l’impérieuse dérive. Loi du plus fort versus loi du vivant. David contre Goliath. Périlleux face à face.

« Patiemment nous veillons sur une blessure qui ne guérit pas, cherchant un passage parmi les ruines d’une humanité obscurcie, retenus sans l’être par quelques cellules exiguës. »

Manu militari, écureuils voltigeurs, mésanges bleues et autres indésirables champêtres ont été délogés de leur habitat naturel. Des ronces et des orties en guise de barricades. Sous couvert de fort chambardement les tronçonneuses aux mâchoires d’acier ont eu raison des grands arbres centenaires, fierté des hameaux disséminés le long du tracé.

Au cœur de ce vaste charnier les sols jonchés d‘écorces décharnées, de billots déchiquetés, de racines à l’agonie. Faune et flore sauvages, décimées en grand nombre. Frappé de désolation les lieux portent le deuil de ce funeste désastre. Territoire dévasté,  en proie au tumulte assourdissant de la prédation. Rocambolesque jeu de dupes.

Tantôt le long serpent d’asphalte viendra recouvrir la terre nourricière, étouffée sous les diableries de lucre. Au nom du grand désenclavement, une idée derrière laquelle se  camoufle  intérêts politiques et économiques.53 kilomètres de tracé moribond à même la campagne, portion de lente asphyxie. L’aménagement de ce petit bout de territoire n’est autre que le spectre d’une idéologie désuète.  Coûte que coûte faire perdurer un monde qui nous envoie dans le mur. L’humain cloue son propre cercueil. Le soleil est mort au petit matin. Il gît sous les flaques de lune.

« Nous ne sommes pas faits pour, la durée, seule réponse au chaos, à la faille qui finit toujours par nous rejoindre. »

Un visage appuyé contre le mur—Hélène Dorion

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.