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Je ne suis qu'un rêveur...

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Billet de blog 26 février 2022

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CLAIR OBSCUR, OCCIS MORT

« On dit souvent que la force est impuissante à dompter la pensée ; mais pour que soit vrai, il faut qu'il y ait pensée. Là où les opinions irraisonnées tiennent lieu d'idées, la force peut tout. » Simone Weil

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

Ces mots qui, au travers de la dramaturge du quotidien s'invitent sans crier gare au centre du débat public et qui, insidieusement, s'infiltrent à travers la porosité d'esprits enclins à l'émergence de cette louvoyante dystopie. Prélude de vieilles rancœurs.

Ces mots disséminés sans vergogne, dans l'air des temps, harangués avec ferveur par les novateurs intolérants qui portent atteinte à l'intégrité de la démocratie et des citoyens qui en composent la pluralité.

Ces mots, délires d'intégristes complotistes, porteurs de tous les maux de cette doctrine de peste brune transmise par contamination du discernement d'idées les plus élémentaires.

Ces mots, triturés, rabâchés, renâcles, qui ne sont que le recyclage de sulfureux immondices aux relents nauséabonds, exhumés des fosses communes d'extermination. Arbeit macht frei.

Ces mots manipulés sans aucun scrupule, que l'on pourrait prendre pour une mauvaise plaisanterie de carnaval, quand sous le bruit des bottes tombent les masques à l'arrière des décombres de la nuit. Ainsi ont-ils franchi le fleuve de l’oubli.

La fabrique du mensonge reste l'apanage des pleutres et des couards, justes bons à agiter un drapeau blanc entaché rouge sang. Porteurs de haine, de discrimination et d'intolérance, les nouveaux gourous de l'audimat recyclent à bas prix les pires idées d'un monde qui tait son nom et qui se terre dans les profondeurs insondables de l'ignominie. Saturation de l'espace médiatique pour gagner la bataille de l'opinion. Fanatisme de l'exécration. Overdose des extrêmes. Extrême overdose.

De retour sur le devant de la scène après des décennies dans l'ombre des décombres, face aux projecteurs, les anges noirs de l'apocalypse ont à nouveau pignon sur rue, faisant le show au couchant de l'ancien monde. De Franco jusqu'à Mussolini, avec toute la brutalité de la mort hurlant devant les foules, dans la communion du délire de celui qui glace d'effroi la faille béante. Adolf, pauvre petit homme. Et comme à chaque fois, inlassablement, les vagues de l'amer, marquées au fer rouge de la trace brûlante du chaos.

Les dictateurs du pire remis à l'ordre du jour par ces nouveaux apôtres de la discorde. Recyclage de cette idéologie politique de résurgence du monde de dictateurs en verve. Déportation. Convois de la mort. Épuration ethnique. Holocauste. Au faîte de l'autel de la démesure, six millions d'âmes de la miséricorde sacrifiées dans les charniers de l'Enfer. Quand l'hybris débridé d'un piètre kapo embrase les chemins d'ombre dans le déclin des jours fauves. Une dose de cruauté à la place du cœur. Pour que personne n'oublie et que chacun se souvienne de l'avènement des marchands de bonheur. Mein Kampf. 

Un monde fragile qui vacille là, sous nos yeux ahuris, témoins de la résurrection des vertiges de ces profondeurs. Sans foi ni loi, provocateurs de la haine raciale et pourvoyeurs des bas fonds rythment le tempo de cette ignoble répugnance. Rien ni personne ne résiste à l'accomplissement des basses œuvres qui préparent le futur de leurs thèmes de prédilections.

Retour en grâce des principes fondamentaux de la dualité des antagonismes. Affrontement frontal des contrariétés, quand forces du bien et racines du mal s'affrontent dans l'ombre des lumières. Clair obscur occis mort. Rien de pire que tous leurs maux, aussi inébranlable que soit le bloc de leurs certitudes. 

"Ce qu'ils veulent, ce n'est rien moins que tout. " Simone Weil

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