Zombie Aporia

 

 © Jean-Luc Tanghe. © Jean-Luc Tanghe.

« Bonsoir, ce spectacle s’appelle Zombie, c’est à dire mort vivant, aporia , soit une contradiction logique .Il y aura sept pièces .Voici la première :Danse is about music» . Et le danseur , Thibault Lac, en culotte courte de scout catho se lance dans une succession de mouvement déjantés, façon contemporains tandis que ses deux acolytes ,une fille Salka Ardal Rosendarg danseuse et chanteuse remarquable, et un garçon , le chorégraphe Daniel Linehan font le son accapella . « Dance is about music » . Fin du premier morceau, noir, applaudissements dupublic.

Puis le trio, se met face à l’écran d’un ordinateur entame un autre morceau, ils reproduisent les mouvements de l’image comme sur un programme « dance » d’une console Wii. En même temps qu’ils dansent, ils récitent un texte « la musique est l’inspiration de la danse… le son de ce que je dis est la danse.. » comme un mantra :pendant une petite heure ils vont explorer toutes les possibilités vocales induites par le corps, travailler à la perfection toutes les variations entre corps et voix, mouvement et langage, synchronisation et décalage.. Daniel Linehen n’a pas trente ans et il a déja marqué les esprits dans le monde de la danse contemporaine en présentant en 2008 le solo « not about everything ». Zombie Aporia est son troisième spectacle et vient confirmer le talent du garçon. New-yorkais d’origine, il a fait ses classes à PARTS à Bruxelles, dans l’école de la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaker. Ses spectacles sont à l’image de son parcours : mélange de pop culture et de philosophie, Derrida versus Britney Spears. Le trio travaille jusqu’à l’épuisement les phrases manière de dire sa détresse face à un monde vide de sens, une société technologique où l’on ne sait plus qui de la machine ou de l’humain dirige l’autre. Ils scandent vaillamment comme une méthode coué "Action, Action,Inaction,Inaction". Nos trois zombiess’agitent desépérément dans la lutte acharnée à être plus vivants que morts, puisant dans le langage les forces nécessaires pour résister à la décérébration.On pense par moments à Gertrude Stein dans la répétition, la scansion destextes. Chaque morceau est le prétexte à développer une couleur physique, une texture musicale. Thibault met sa main sur les cordes vocales de Salka et fait vibrer sa voix par le mouvement qu’il insuffle. Il secoue la chanteuse qui de vibrato en halètements et en souffles, fait corps avec le mouvement qui lui est imposé. Elle dit un long poème dont chaque strophe se termine par un « I want to be cool ». D’amusante, la scène devient extrêmement violente. Le dernier morceau s’appelle « rien quelque chose » . Pas d’émotion, mais une vraie fascination pour cestrois jeunes gens si doués.

Fin du concert. « Zombie+Aporie=deux mots qui, selon Google, n’avaient jamais été unis ».

 

 

 

 

 

Théâtre de la Bastille à Paris jusqu’au 9 novembre

 

Reservations : 01 43 57 42 14

 

www.theatre-bastille.com

 

 

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