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Billet de blog 25 janv. 2018

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HEY ! WHAT DID YOU EXPECT ?

La publicité nous entoure, nous parle, nous guide vers un mode de vie morbide, insalubre et dangereux en nous éloignant de la raison et du bon sens. La consommation inutile et immorale crée un bonheur illusoire, nous façonnant aux exigences d'un marché. Cette philosophie cynique résulte de la puissance oppressive d'une belle entourloupe qu'est notre système.

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L’ heure de gloire industrielle Française d’après-guerre est le fruit de doctrines économico-politiques nationales bien différentes du modèle libéral Anglo-Saxon adopté aujourd’hui. L’idéologie dominante du début du 19ème siècle donnait raison au Saint Simonisme coordonnant des valeurs morales, politiques et religieuses. Cette idéologie prescrivait la fin de l’âge Féodal pour ainsi considérer l’envol de l’industrialisation. 2 siècles avant, Jean-Baptiste Colbert, géniteur du Colbertisme, préconisait l’exploitation de réserves de métaux précieux tel que l’or pour développer un véritable savoir faire national. Largement inspirée du Mercantilisme, la France développa donc une politique protectionniste en ayant mainmise sur le commerce extérieur. Fort de ses manufactures à haute valeur ajoutée, le pays bénéficiera d’une compétitivité internationale hors pair, se plaçant en tant que précurseur de technologies de pointe comme le TGV, le nucléaire, Airbus, Rafale ou encore Ariane.       

Fasciné par le modèle nord Américain, la France sombre alors dans le modèle financier libéral Anglo-Saxon. La suite, nous la connaissons : Endettement, fuites des cerveaux, délocalisation des sites de production, chômage de masse, libre-échange, montée du populisme.

La vision étatique de l’économie est morte : 

Le champ d’intervention du pouvoir de l’Etat diminué, la publicité est donc entremetteuse d’une idéologie dominante  qui résulte du consumérisme sauvage responsable des maux actuels du pays. Cette philosophie cynique prive le peuple de son libre arbitre en vidant leurs actes de leurs sens et en stimulant nos pulsions pour ainsi nuire à notre raison. Le produit roi nous aidera à aller mieux, nous procurant personnalité et identité. C’est le  bonheur de la consommation ou bien la consommation de bonheur par l’acquisition d’un mode de vie, de penser. Le rêve s’achète, les valeurs sont rognées et transformées en signes consommables. Cette perversion des réalités renforce la mise à l’équart d’une partie de la population. Il est en effet très difficile de voir un SDF, un musulman, un handicapé ou encore un homosexuel apparaitre dans une publicité. La violence de cette destruction intellectuelle reste subtile, légitime, naturelle et banale. La virulence est présente partout, dès le matin à la radio, dans nos smartphones, magazine à la TV et bientôt sur les trottoirs. Cette violence est institutionnelle.   

La laideur est une pollution, mais personne n'en parle. Et étudiant bien la question, on s'aperçoit que la laideur est un moyen de soumettre le peuple, de le mettre au pas en le faisant vivre dans un environnement laid qui lui rappelle à chaque instant sa condition, ce qui le rend neurasthénique donc incapable de se révolter. Les pays communistes ont largement utilisé ce procédé. En fait, tous les pays influencés par le socialisme ont aussi imposé la laideur pour mieux dominer le peuple dont la France et ses cités. Certains architectes de gauche comme Le Corbusier ont largement contribué à cette politique d'enlaidissement demandée par l'État. La réappropriation de l’espace public passerait donc par des actions individuelles telles que la revalorisation de l’objet, une consommation de proximité, le développement de la nature dans l’espace ou encore le remplacement des panneaux publicitaires par des plans de quartier ou oeuvre d’art. Il faut tout cela pour protéger les jeunes et reconquérir l’espace. Aujourd’hui le problème est que tenir de tels discours nous confère immédiatement une image de réactionnaire bolchéviste antisystème. Cet apriori décrédibilise les paroles d’une résistance idéologique devenant donc quasi nul dans le débat démocratique. Il n’y a pas de réel contre-pouvoir. La protestation est de l’ordre du privé. Elle est clandestine. L’action militante reste individuelle, chacun devrait donc mesurer le degré et la nature de son besoin malgré une manipulation bien réelle et toujours plus prépondérante.    

L’institution pervertit donc les réalités au nom de la rentabilité. La pollution visuelle qui découle de la marchandisation des surfaces nous amène à nous demander en quoi l’espace public communautaire est-il légitimement occupé ?

Cette manipulation nous dicte une forme de vie en camouflant les réalités d’un système semi-esclavagiste.  

Comment comprendre le fait que dans un pays développé tel que la France, pays des droits de l’homme divulguant les valeurs de libertés, égalités et fraternités, y soit commercialisés des objets de consommation fabriqués par des enfants de 10 ans ou moins ? 

Sans parler du salaire misérable, quand il existe, et des conditions de travail ; comment expliquer les louanges envers notre système démocratique si développé, éthique et égalitaire avec la participation de pratiques criminelles ôtant à des millions de petits individus la possibilité d’avoir une enfance normale ? Comment expliquer une si haute aberration ? Comment le citoyen peut-il assumer ses responsabilités dans un système si oppressif et si violent que celui dans lequel nous vivons ? Faudrait-il donc s’abdiquer culturellement pour suivre économiquement ?

   V.V.

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