Maudits soient les "présidentiables" de gauche

Le ridicule n'étant pas létal, ces funestes personnages nous obligent à tuer tout espoir. Du haut de leur arrogance ridicule, ils sont les idiots utiles du système qu'ils dénoncent. Mais cette fois-ci, cela suffit: il faudra bien les punir et les virer de la sphère politique vers le purgatoire des imbéciles.

Car, qu'on se le dise, quelqu'un qui se prétend indispensable dans la course à l'échalote, qu'il soit de droite ou de gauche d'ailleurs, n'est qu'un imbécile. En tout cas, il ne pourra jamais se prétendre sage. Je sais, ils nous bassinent de leur "expérience", tout comme le petit politicard du coin qui, pour être à nouveau élu maire, prétend que son expérience est vitale en oubliant qu'il fut un jour élu pour la première fois.

Que ceux qui pensent que j'écris ce texte pour finir par dire: "voilà pourquoi Mélenchon est la seule solution" se refroidissent très vite: voilà un type qui ne sait rien faire que de la politique et, éventuellement, bien parler et qui se prétend le seul, l'unique sauveur possible d'un pays qu'il n'a jamais vraiment servi autrement que pour servir son ego en premier. Et c"est quoi d'ailleurs faire de la politique dans les faits: manœuvrer en permanence pour obtenir, puis garder le pouvoir ?

Il est exact que le peuple a pris l'habitude de parler de "leaders naturels" et de "grands chefs" qu'on attend désespérément faute d'avoir la moindre idée de ce qui pourrait marcher autrement que pour sa pomme à soi. Dans ce néant de l'imagination s'engouffre une liste sans fin de prétendants à l'incompétence suprême: un Piolle écolo ayant bâti sa carrière dans le seul but de parvenir, avec un ou deux faits d'armes bien placés pour prétendre être quelqu'un de bien, un Jadot qui rêve d'être le premier ministre de Macron, une Hidalgo qui rêve juste d'être la première femme en tout, un Montebourg qui oscille entre être ridicule en affaires ou en politique, une Ségolène qui se dit que si l'autre y a eu droit, pourquoi pas elle, et je m'arrête là parce que c'est fatiguant.

Le pire, tout de même, ce n'est pas que Mme Royale pense ce qu'elle pense: les asiles sont pleins de personnages qui se croient Dieu. Non, le pire c'est qu'il reste tout de même une poignée de serviteurs pour lui faire croire qu'elle a raison. Oui, le plus triste ce sont ces militants qui se couperaient un bras pour leur chef, peut-être en espérant secrètement, dans un endroit de leur esprit dont eux-mêmes n'ont pas la clé, qu'ils seront peut-être récompensés, un jour, par un petit maroquin. Puisque la place est prise chez un autre candidat, vaut mieux miser sur un nouveau et, au besoin, on retournera sa veste le moment venu, fort des 3% faits par son poulain à une quelconque primaire.

Dans cette folie, le radicalisé de droite qu'est Macron se fend la poire. Lui, le clown en chef, est aidé par une armée de clowns se bouffant entre eux à une vitesse inespérée. Il lui suffira de marcher sur leurs cadavres encore fumants, de piétiner un peu plus une gauche qui s'est marchée dessus.

Que faire ? 

Renvoyer tous ces minables à leurs chères études. Cesser de les flatter ne serait-ce que par un petit cœur sur leurs Tweets, ces petits messages désespérés qu'ils nous renvoient tous fiers, alors qu'il s'agit juste de nous supplier de ne pas les oublier. Il faut les détruire, les expulser de la sphère publique, avant qu'ils nous détruisent. Il faut se mettre à la recherche de quelqu'un qui ne veut rien, qui ne demande rien, dont l'ego a depuis longtemps été absorbé par l'amour des autres et le bonheur d'aider les gens qui souffrent.

Il ne faut qu'un seul candidat, déjà. On s'en fout du programme, du moment qu'à la première ligne c'est: "aider d'abord les plus faibles". Il faut un candidat sincère qui n'a pas l'intention de passer sa vie en politique, ce qui voudrait naturellement dire que dès le premier jour d'une hypothétique victoire il (ou elle, évidemment), se contenterait d'assurer la prochaine échéance électorale. Il faut quelqu'un prêt à sacrifier son ego au peuple, et non pas l'inverse.

Mission impossible ? Peut-être. Perdu d'avance ? Peut-être. Mais tout vaut mieux que cette imposture qu'on nous inflige actuellement. Jetons dans les poubelles de l'Histoire tous ces prétendants au pouvoir de nous décevoir irrémédiablement.

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