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Billet de blog 13 févr. 2021

Merci président !

Trois cents à cinq cents morts du COVID par jour et le présiroi monte dans les sondages chez les jeunes. Les humains sont conditionnés à réfléchir et à agir sous le coup de l'émotion, les psychopathes sont conditionnés à en profiter. Ainsi sommes-nous otages non pas de nos bourreaux, mais de notre propre inconsistance.

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Est-ce que je suis personnellement pour un confinement ? Je vis à la campagne et je croise très peu de monde. Si je devais me contenter de ma pomme, je dirais non. Cela suppose que mon confort, lié à un risque plus faible, prend le pas sur les quatre cents deuils, en moyenne, chaque jour. Deux avions qui se crashent, ou plusieurs attentats, ou encore une guerre. Mais dans la tête de certains, sacrifier une partie de la population c'est le prix à payer. 

La vérité est que nous sacrifions ces gens pour pas grand chose de gagné. On nous terrorise avec l'idée que l'économie s'effondrerait en cas de confinement total, mais cela n'en est pas moins du terrorisme. Un type, élu et soutenu par 25 à 30% de la population (ne me parlez pas du second tour, ce n'est pas un soutien) décide dans son bureau où poser la barre de nos libertés, la barre des morts, ou encore la barre du débat public. Et chacun d'y trouver son compte ou pas en fonction de ses seuls désirs et contraintes. Un ado à la tête d'un pays d'ados.

Bien sûr, les gens ne savent rien. Prenons les lois en train d'être votées. Vous avez des témoignages sidérants à l'Assemblée, comme celui où les responsables du renseignement territorial déclarent sans vergogne qu'ils ne cherchent pas à surveiller les policiers abusant de leurs pouvoirs (article NextInpact). La vérité est que personne ne veut le savoir. La plupart ne se sentent pas concernés. "Quand on n'a rien à se reprocher, on n'a aucune chance de se retrouver en mauvaise posture face à un policier usant de son autorité pour nous défoncer la figure." C'est méconnaître l'Histoire, évidemment, puisque donner un pouvoir sans borne à n'importe qui, mène irrémédiablement à l'abus sans limites et personne, strictement personne n'est à l'abri. En particulier ces quelques jeunes qui tout à coup trouvent Macron sympa, alors qu'il leur interdit d'aller à l'université, qu'il leur prépare un avenir de merde et qu'il les considère comme des vaux-rien tous bons à nettoyer les chiottes de la start-up nation. Car, pour lui, si vous n'avez pas monté votre start-up avec le slogan "Merci président" à vingt-cinq ans, vous êtes un raté.

Nous creusons ainsi notre tombe, contents d'avoir à peine le quart de ce qu'on espérait hier, de peur de n'en avoir même pas le dixième. Notre ambition c'est la survie en esclave, pourvu qu'on ait encore le droit de se saouler. Ce n'est pas pour rien que Macron promeut le vin: c'est un symbole a priori anodin, mais plein de sous-entendus: buvez, mangez, consommez, mais travaillez pour ma gloire, car je vous autorise à vous enivrer.

Vous allez me dire qu'en même temps le gars lance un plan pour une jeunesse sans alcool, ou qu'il ferme les bars. Oui, toute sa science c'est de doser les carottes pour avoir le plus possible d'ânes qui lui soient reconnaissants. Taper sur les fêtards pour avoir le vote des vieux encore vivants. Laisser quelques vieux crever pour montrer aux jeunes qu'on leur donne la priorité. Fermer les pistes de ski en hurlant que la santé prime sur l'économie, pour laisser les patrons pomper l'argent de la crise qui coule à flots lorsqu'on est au bon endroit.

J'en entends même qui disent: "il est malin le gars, c'est un bon".

Si vous voulez. Si réussir à duper tout le monde est synonyme de réussite, ce mec est le king. Il n'est pas moins un psychopathe. Car une personne normale, juste avide de reconnaissance, serait heureuse de rester dans l'histoire comme un juste, aimer de tous ceux qu'il estime. Or notre présiroi nous méprise et donc il ne peut être heureux qu'éventuellement on l'aime, puisque nous ne sommes rien pour lui. La seule chose qui le réjouisse c'est d'observer ce qu'il prend pour des brillantes idées faire mouche auprès d'un peuple paumé, son jouet personnel. 

Il n'y a pourtant aucun génie chez les psychopathes. Au fond de nous, nous savons tous manipuler les autres. La seule chose qui nous en empếche, c'est la honte, ou la compassion, ou encore l'honneur. Les psychopathes en sont juste dépourvus. Ils sont des erreurs de la nature, puisque si nous l'étions tous, nous aurions disparu encore plus vite en tant qu'espèce. Peut-être que la Nature commence à les sélectionner de plus en plus, parce qu'elle en a assez des parasites que nous sommes ? Qui sait...

La démocratie a cela de beau que, en nous donnant le droit d'avoir un avis, elle flatte nos égaux pour nous permettre de nous contenter d'être des moins que rien. Il est intéressant de voir que la caste de sauvages qui nous dirige cherche en ce moment à museler la seule soupape qui reste. Et non, je n'ai pas l'espoir que le peuple se réveille, mais juste que les carottes finissent par ne plus suffire. 

(Un jour, ou peut-être déjà, un algorithme de surveillance décidera en parcourant ce texte qu'il s'agit là d'une incitation à la sédition. J'emmerde les algorithmes.)

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