Conseils révolutionnaires pour personnes averties

Nous rêvons de vraie révolution. On le sait au fond de nous-mêmes, ce serait chômage, troubles et inconnu. Mais on préférerait ça à l'humiliation d'être broyés par la caste nous servant de maîtres, qui en sourit cyniquement de plaisir. Et il y a quelques gestes très simples pour provoquer la chute de ce système. Que ceux qui parlent donc de révolution, s'y mettent, maintenant ou jamais.

"Je n'aurai pas peur, car la peur tue l'esprit". Pourtant, c'est la peur qui nous guide tous les jours et plus on sent le chaos s'approcher, plus on s'accroche à de minables espoirs, comme croire que les élites vont nous sortir de là. Et plus elles nous enfoncent dans le néant, plus on cherche des coupables parmi les plus faibles, avec la hargne et la haine de l’affamé arrachant le dernier morceau de pain à un de ses frères de misère.

Dans nos moments les plus glorieux, ou les plus vantards, on sort le mot "révolution"  comme menace ultime. On sait bien que c'est juste le défoulement du perdant et nos maîtres le savent. D'où leurs sourires sarcastiques à chaque fois qu'ils nous écrasent de leurs gros sabots.

C'est qu'on a tous un peu peur de faire la révolution, en tout cas soi-même. C'est risqué. On le voit bien, dans une société tout de même plus opulente que d'autres, on a pour l'instant plus à perdre qu'à gagner, apparemment, et le jour où il ne nous restera plus grande chose à lâcher, ce sera trop tard. Cela fera très longtemps qu'on se sera endormi dans un rêve de survie où le quotidien individuel est plus important égoïstement, que de s'unir avec nos semblables pour d’hypothétiques changements nous paraissant de toute manière utopiques.

Sommes-nous condamnés à être des faibles ?

Il arrive un moment dans l'histoire où chaque peuple choisit son destin de manière un peu plus définitive qu'à l'habitude. Nous y sommes. Franchement, nous y sommes. Quelques soient les paramètres qu'on pourrait considérer, nous y sommes.

J'aurais infiniment honte de regarder mes enfants dans les yeux si je restais les bras croisés. Ce serait une faute impardonnable de nous tous si on laissait les salauds gagner. Ce serait tout simplement la fin, une misérable et petite fin.

Alors ?

Voici trois conseils simples à appliquer de suite pour faire tomber les arrogants de leur piédestal et reprendre le contrôle de nos destins.

1. Cesser de consommer, sauf le vital de survie. C'est particulièrement vrai pour ceux qui ont de quoi faire, mais qui ne sont pas assez riches pour faire partie des puissants. Une baisse soudaine et drastique de la consommation du futile, provoquerait une crise immédiate et certaine. A l'échelle de quelques millions de participants (mettons juste le million qui a signé la pétition contre la privatisation d'ADP), cela aurait un impact non négligeable et, au mieux, ferait boule de neige, sans compter qu'il est plus que probable que se serait un mouvement suivi à l'échelle de tous les pays industrialisés. Par ailleurs, notre consommation des biens non vitaux bénéficiant d'abord à la Chine, ce n'est pas forcément le chômage local qui augmenterait le plus vite, la déflagration étant globale.

2. Transformer l'argent ainsi économisé en temps (travailler moins de son propre gré), en aide financière aux mouvements sociaux qui s'en suivraient, ou encore en soutient à une agriculture non prédatrice en aidant les paysans à se passer des rapaces qui dictent leurs souffrances. Imaginer toutes les manières d'utiliser l'argent pour le bien de tous, voilà ce qu'on doit réapprendre à faire à tout prix.

3. Chanter. J'ai été frappé par la réponse magnifique du chœur de Radio France à l'inconsistance des clowns qui y ont pris le pouvoir (https://www.youtube.com/watch?v=3Qf38heMuD4&t=134s). S'il faut encore manifester, alors qu'on se mette à quelques milliers à chanter la révolution devant les CRS. Je ne sais pas si le pacifisme fonctionne mieux que la violence, mais si violence doit y avoir, elle doit commencer par la violence harmonieuse des voix qui s'entremêlent pour faire vibrer la terre. Chanter ensemble, par milliers, au lieu de lancer des slogans qui n’impressionnent plus grand monde, c'est se donner du courage, se sentir unis, avoir la chair de poule de se comprendre qu'on est une partie d'un plus grand que soi.

Et que faire après ? Cela vous paraît simpliste ? Faites bien tourner ces trois choses dans votre tête, essayez d'en imaginer l'advenue effective, rêvez. Vous allez voir, c'est tout à fait faisable. Pas besoin d'être 67 millions à être d'accord.

Après, advienne que pourra. Je fais le pari que cela ne pourrait pas être pire que ce qui nous attend si on ne fait rien.

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